Sénégal : les solutions des économistes face à la crise de la dette
Sénégal : les économistes prônent une diversification des sources de financement pour éviter la crise de la dette
Face à une dette publique sénégalaise qui atteint des niveaux alarmants, des experts réunis à Dakar ont présenté des solutions concrètes pour atténuer la pression financière sur l’État. Lors d’un atelier dédié à la crise de la dette au Sénégal, des économistes de renom ont mis en lumière des pistes alternatives aux institutions multilatérales traditionnelles, jugées parfois trop contraignantes.
Un audit complet de la dette publique sénégalaise : une priorité selon les experts
Les participants à cette conférence ont insisté sur la nécessité d’un audit intégral de la dette publique du Sénégal. Cette démarche permettrait de clarifier l’étendue des engagements financiers du pays, notamment ceux contractés entre 2019 et 2024. « Il est crucial de connaître l’exacte situation de notre dette pour mieux la gérer », a souligné l’un des intervenants.
Diversifier les partenariats financiers : une stratégie pour renforcer la souveraineté
Parmi les propositions phares, l’élargissement des partenariats financiers au-delà des institutions classiques comme le FMI a été évoqué. Plusieurs économistes ont suggéré de se tourner vers des pays ou des acteurs respectueux de la souveraineté économique des États africains. La Chine a été citée comme un partenaire potentiel, offrant des alternatives aux prêts traditionnels.
Demba Moussa Dembélé, président de l’Africaine de recherche et de coopération pour l’appui au développement endogène, a déclaré : « Ces partenaires nous aideront à sortir du système néocolonial imposé par certains bailleurs de fonds ».
S’inspirer des modèles internationaux pour une gestion optimisée de la dette
Ali Zafar, conseiller économique au PNUD, a partagé l’exemple de la Turquie, qui a su diversifier ses créanciers en se rapprochant de l’Arabie saoudite. « Le Sénégal peut adopter une approche similaire en engageant des discussions bilatérales avec des pays comme la Chine », a-t-il affirmé. Il a également insisté sur la nécessité de négocier avec le FMI en position de force : « Les pays africains doivent présenter des contre-propositions solides pour protéger leurs secteurs sociaux, comme l’éducation et la santé ».
Le conseiller du PNUD a ajouté : « Il est temps que les pays africains unissent leurs forces et défendent leurs intérêts face aux institutions financières internationales ».
Vers une banque centrale indépendante pour une gestion autonome de la dette
Ali Zafar a également proposé la création d’une banque centrale indépendante au Sénégal. Selon lui, cette mesure permettrait au pays de mieux contrôler sa politique monétaire et de réduire sa dépendance aux prêts étrangers. « Aucun pays d’Asie n’aurait accepté une telle situation. Le Sénégal a les solutions pour s’en sortir sans recourir systématiquement au FMI », a-t-il conclu.
Les négociations entre le FMI et le Sénégal se poursuivent, mais les experts estiment que le pays doit explorer toutes les alternatives pour retrouver une stabilité financière durable.