Dans une déclaration publique diffusée peu après son limogeage, Ousmane Sonko a détaillé les tensions récurrentes avec Bassirou Diomaye Faye-Diakhar, évoquant des divergences stratégiques remontant à plus de deux ans. « Ce que nous imaginions dans le Projet ne correspond plus à la réalité actuelle », a-t-il souligné, justifiant ainsi les discussions préalables sur une possible fin de son mandat à la tête du gouvernement.
Une rencontre décisive au Palais présidentiel
L’ancien Premier ministre a révélé qu’à la suite de son allocution à l’Assemblée nationale vendredi, le président l’a convoqué pour un entretien en tête-à-tête. « Il m’a signifié que notre collaboration devenait compliquée en raison de certaines prises de parole qui créaient des tensions », a-t-il expliqué. Sonko précise n’avoir jamais cherché à négocier une issue consensuelle, insistant sur le fait que l’échange n’avait pas vocation à aboutir à un compromis.
Il ajoute : « Je lui ai répondu que la décision lui appartenait entièrement. Nous n’avons pas discuté, et il ne fallait surtout pas donner cette impression. »
Une offre de départ systématiquement refusée
L’ancien chef du gouvernement a également révélé avoir proposé à trois reprises de quitter la Primature pour rejoindre l’Assemblée nationale, estimant que sa présence pouvait entraver le bon fonctionnement de l’exécutif. « À chaque fois, j’ai suggéré : si ma présence te pose problème, discutons et je partirai à l’Assemblée. Nous pourrions nommer un autre Premier ministre issu de PASTEF. » Selon lui, le président a chaque fois décliné cette proposition, évoquant même le ministre Alioune Sall comme témoin de certains de ces échanges.
Sonko a ensuite indiqué que Bassirou Diomaye Faye lui avait demandé un temps de réflexion avant une nouvelle entrevue. « À peine rentré chez moi, j’ai reçu un message me confirmant qu’il allait procéder à une annonce officielle », a-t-il confié. Peu après, l’éviction était rendue publique, annoncée par Oumar Samba Ba.
