L’Observatoire national nigérien de la communication (ONC), dirigé par Ibrahim Manzo Diallo, a annoncé la suspension de neuf médias internationaux diffusés au Niger. Cette décision, transmise via la chaîne publique Télé Sahel, vise à préserver l’ordre public et la cohésion nationale, selon les autorités de Niamey.
Les médias concernés par cette mesure incluent des acteurs majeurs comme France 24, Radio France Internationale, Agence France-Presse, TV5Monde, TF1 Info, Jeune Afrique, Mediapart, France Afrique Média et LSI Africa. L’ONC justifie cette suspension en évoquant des contenus jugés dangereux pour la stabilité des institutions et l’unité nationale nigériennes.
Une suspension totale des canaux de diffusion
Les autorités nigériennes ont étendu cette suspension à tous les canaux de diffusion utilisés par ces médias : satellites, réseaux câblés, sites internet, plateformes numériques et applications mobiles. Cette mesure reflète une volonté de contrôler strictement l’espace médiatique, considéré comme un enjeu stratégique pour la sécurité nationale.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions accrues dans la région ouest du Niger, notamment dans la zone de Tillabéri, frontalière avec le Mali et le Burkina Faso. Depuis le 18 janvier 2026, des attaques perpétrées par des groupes armés, dont l’État islamique au Sahel (EIS), ont causé la mort de 31 civils, dont quatre enfants, ainsi que cinq combattants.
Souveraineté informationnelle et coopération régionale
Le gouvernement nigérien renforce ainsi sa politique de souveraineté informationnelle, plaçant l’information au même niveau que les enjeux politiques, diplomatiques ou sécuritaires. Cette approche s’aligne sur les réflexions menées par les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), à savoir le Niger, le Mali et le Burkina Faso, pour une régulation conjointe des médias et une meilleure maîtrise des flux d’information.
Cette suspension marque une étape supplémentaire dans la stratégie nigérienne de sécurisation de son espace médiatique, perçu comme un levier essentiel pour la stabilité nationale et la lutte contre la désinformation.