Tchad : ouverture de la session parlementaire sous le signe de la sécurité et des réformes
Tchad : une session parlementaire sous haute tension sécuritaire et institutionnelle
Le Congrès du Parlement tchadien a entamé ce mardi une session ordinaire sous le signe de l’urgence sécuritaire et des réformes institutionnelles. À N’Djamena, le président Ali Kolotou Tchaïmi a lancé les travaux dans un climat marqué par l’hommage aux victimes et les défis de la cohésion nationale.
Un hommage solennel aux victimes du terrorisme et aux figures parlementaires disparues
Dès les premières minutes de son allocution, Ali Kolotou Tchaïmi a rendu un vibrant hommage aux soldats tchadiens tombés sous les coups de Boko Haram dans la province du Lac. « Ces hommes et femmes ont donné leur vie pour que le Tchad reste debout », a-t-il déclaré, soulignant l’ampleur des sacrifices consentis pour préserver l’intégrité du pays. Une minute de silence a été observée en mémoire des victimes des violences terroristes et intercommunautaires qui ont endeuillé le Tchad ces derniers mois.
Le président du Congrès a également rendu hommage à la députée Haoua Outman Djame, disparue le 26 mars 2026. Il a salué son engagement sans faille au service de la République et son attachement indéfectible aux valeurs démocratiques, rappelant son rôle clé dans l’histoire parlementaire tchadienne.
Deux dossiers majeurs au cœur des débats institutionnels
Les travaux de cette session s’articuleront autour de deux priorités : l’adaptation du règlement intérieur du Congrès aux nouvelles dispositions constitutionnelles, et l’examen de la demande de prorogation de l’état d’urgence dans la province du Lac. Ali Kolotou Tchaïmi a rappelé que le gouvernement avait instauré cet état d’urgence par décret le 7 mai 2026 pour une durée initiale de 21 jours, en réponse à la menace terroriste persistante. Une prolongation de 45 jours est désormais sollicitée pour renforcer les opérations de sécurisation et protéger les populations locales.
Le Parlement tchadien rayonne sur la scène africaine
Le président du Congrès a mis en avant les avancées diplomatiques récentes du Parlement tchadien. Il s’est félicité de la nomination de la sénatrice Mariam Mahamat Nour au poste de vice-présidente de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), ainsi que de l’élection du député Djidda Mamar Mahamat comme troisième vice-président du Parlement panafricain. Ces distinctions confirment, selon lui, le rôle croissant du Tchad sur la scène régionale.
Réponse aux accusations des Nations unies et appel à la réconciliation
Ali Kolotou Tchaïmi a vivement réagi aux allégations du Haut-Commissariat aux droits de l’homme concernant des incidents impliquant des pêcheurs dans la province du Lac. Qualifiant ces accusations de « déformation des faits », il a réaffirmé le soutien du Parlement au président Mahamat Idriss Déby Itno et aux forces armées engagées dans la lutte antiterroriste. « Ces accusations ne reflètent pas la réalité des opérations menées pour protéger nos concitoyens », a-t-il déclaré.
Sur un autre front, le président du Congrès a appelé au dialogue et à la réconciliation pour apaiser les tensions intercommunautaires dans le département du Dar Tama, dans la province du Wadi Fira. Il a insisté sur l’urgence de préserver la paix sociale et d’éviter toute résurgence des conflits.
Un appel à l’unité et à la responsabilité des parlementaires
En conclusion de son discours, Ali Kolotou Tchaïmi a lancé un appel solennel aux membres du Congrès. « Face aux défis qui secouent notre pays, nous avons une responsabilité historique : bâtir un Tchad stable, sécurisé, uni et prospère », a-t-il martelé. Les travaux de cette session ordinaire ont été officiellement lancés, avec l’espoir d’avancées concrètes pour le pays.