Togo : adoption historique de quatre conventions pour renforcer la sûreté nucléaire
Lomé — L’Assemblée nationale du Togo a franchi une étape décisive en adoptant, en première lecture, quatre projets de loi destinés à améliorer la sûreté nucléaire et la gestion des risques radiologiques. Cette décision, prise lors de la troisième séance plénière de la première session ordinaire, s’inscrit dans une démarche d’harmonisation avec les standards internationaux.
Sous la présidence du professeur Komi Selom Klassou, les députés ont examiné et validé les textes permettant l’adhésion du Togo à quatre conventions majeures : la Convention sur la sûreté nucléaire (Vienne, 1994), la Convention commune sur la sûreté de la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs (1997), la Convention sur la notification rapide d’un accident nucléaire (1986) et la Convention sur l’assistance en cas d’accident nucléaire ou d’urgence radiologique (1986). Le ministre délégué chargé de l’Énergie, Robert Koffi Messan Eklo, était présent lors des débats.
Un socle multilatéral pour la sécurité nucléaire
« Le nucléaire représente une énergie d’avenir, utile dans des secteurs clés comme la production d’électricité, la santé, l’industrialisation, l’agriculture ou l’élevage », a souligné Aklesso Atcholi, président de l’UNIR. « Cependant, il est essentiel d’établir et de maintenir un niveau élevé de sûreté pour protéger les personnes, les biens et l’environnement. »
Les technologies radiologiques offrent des perspectives de développement considérables, notamment dans le traitement médical et l’optimisation agricole, mais leurs implications environnementales exigent une vigilance constante. En ratifiant ces conventions, le Togo renforce ses capacités internes de prévention et accède aux mécanismes internationaux d’assistance mutuelle et de partage d’informations en temps réel en cas de crise.
« Ces projets de loi reflètent une approche cohérente : nous ne choisissons pas seulement une énergie d’avenir, nous adoptons le plus haut standard de sécurité qui l’accompagne », a déclaré le ministre Eklo. « Ratifier ces textes envoie un signal fort à la communauté internationale : le Togo est un État moderne, responsable et rigoureux. »
Progrès technologique et impératif de sécurité
Pour le président de l’Assemblée nationale, le professeur Komi Selom Klassou, cette réforme incarne une doctrine de responsabilité collective face aux crises transfrontalières.
« Instruit par l’histoire tragique de Tchernobyl, le Togo est convaincu que face à des risques d’une telle ampleur, aucun État ne peut agir seul », a-t-il déclaré, replaçant ces textes dans une vision globale de protection des populations et de diplomatie pacifique.
Conformément au fonctionnement parlementaire togolais, ces quatre textes seront transmis au Sénat pour un examen dans les mêmes termes. Après validation et promulgation, le Togo parachèvera sa mutation institutionnelle, liant son horizon technologique à l’exigence de sécurité publique.

