Le CNCC représente une nouvelle dynamique dans l’opposition togolaise, longtemps marquée par des rassemblements publics rares, le dernier remontant à plus d’un an. Cette coalition inédite ambitionne de donner une nouvelle impulsion à la lutte contre les réformes institutionnelles jugées antidémocratiques.
Pourquoi contester la Constitution de 2024 ?
La nouvelle Constitution togolaise, entrée en vigueur en 2024, a profondément modifié les règles du jeu politique. « Elle supprime l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct et instaure un régime parlementaire où le président du Conseil devient la plus haute autorité de l’État », explique David Dosseh, porte-parole du Front citoyen Togo debout (FCTD). Actuellement, cette fonction est occupée par le président Faure Gnassingbé, ce qui, selon l’opposition, lui permet de conserver un contrôle durable sur le pouvoir.
Les opposants dénoncent une manipulation constitutionnelle visant à pérenniser le régime en place. « Il était crucial de montrer que le peuple togolais refuse cette forfaiture », déclare David Dosseh. « Nous entrons dans une phase de remobilisation intense pour faire entendre nos revendications ».
Des voix qui s’élèvent contre l’arbitraire
Lors du meeting, plusieurs figures de l’opposition ont pris la parole. Parmi elles, Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), a dénoncé la détention récente de l’activiste Honoré Sitsopé Sokpor, alias « Affectio ». Arrêté le 4 mai, ce dernier avait été libéré sous contrôle judiciaire quelques mois plus tôt. « Cette nouvelle incarcération est arbitraire et relève d’un acharnement politique inacceptable », a-t-il lancé devant la foule.
