Troisième mandat de Félix Tshisekedi en RDC : la constitution sur la sellette
Félix Tshisekedi en RDC : vers un troisième mandat malgré la constitution ?
En république démocratique du Congo, l’adoption d’une loi référendaire soulève une question majeure : et si Félix Tshisekedi cherchait à prolonger son mandat au-delà de 2028 ? La Cour constitutionnelle a validé cette procédure, mais les interprétations divergent radicalement entre le camp présidentiel et l’opposition.
Le 28 juillet 2026, la Cour constitutionnelle a rendu son verdict : la loi organisant le référendum est conforme à la Constitution. Une décision qui, pour certains observateurs, ouvre la porte à une révision constitutionnelle permettant de contourner la limitation des mandats. D’autres y voient simplement une réforme institutionnelle.
Une loi sous haute tension politique
La tension est palpable à Kinshasa. Radio Okapi résume l’ambiance : « Fini le suspense ! » La Cour a donné son feu vert, mais derrière cette validation se cache un débat explosif. Le Journal de Kinshasa souligne que l’opposition y voit une manœuvre pour permettre au président Tshisekedi de rester au pouvoir. Dans l’entourage du chef de l’État, on dément catégoriquement cette lecture, affirmant que l’objectif est d’améliorer le fonctionnement des institutions.
Félix Tshisekedi, en poste depuis 2019, doit normalement quitter le palais présidentiel en 2028, à l’issue de son second mandat. La Constitution congolaise est claire : « ni le nombre ni la durée des mandats ne peuvent être révisés ». Pourtant, lors d’une conférence de presse en mai 2026, il avait lâché une phrase ambiguë : « Si le peuple souhaite que j’aie un troisième mandat, j’accepterai. »
L’opposition en première ligne contre un troisième mandat
Avec l’adoption de la loi référendaire par l’Assemblée nationale et le Sénat, Félix Tshisekedi dispose désormais des moyens constitutionnels pour organiser un référendum. Une perspective qui fait grincer des dents. Afrik.com rappelle que l’opposition craint une révision constitutionnelle permettant de « réinitialiser » le compteur des mandats. Un scénario inacceptable pour elle, qui multiplie les initiatives pour faire barrage à cette éventualité.
Pour l’instant, le gouvernement n’a donné aucun signe susceptible d’apaiser les craintes. Pourtant, les déclarations du président laissent planer le doute. Il n’a jamais écarté catégoriquement l’hypothèse d’un troisième mandat, préférant une formule prudente : « Si le peuple le demande… »
L’Église catholique contre toute modification
La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), très influente dans le pays, a pris position contre toute révision constitutionnelle. Afrique XXI rapporte que les évêques ont jugé « ni nécessaire, ni urgente, ni opportune » une modification de la Loi fondamentale. Ils rappellent leur rôle clé dans les mobilisations de 2018, qui avaient conduit Joseph Kabila à renoncer à un troisième mandat malgré les pressions internationales.
Leur prise de position est sans ambiguïté : « Nous ne voyons aucune raison valable de toucher à la Constitution », ont-ils déclaré. Un rappel qui pèse lourd dans un pays où les Églises, notamment catholiques, jouent un rôle social et politique majeur.
Un dialogue politique en suspens
Afrikarabia évoque la possibilité d’aborder la question constitutionnelle lors d’un futur dialogue politique. Mais les contours restent flous : ce dialogue sera-t-il vraiment inclusif ? Faut-il y associer l’ancien président Joseph Kabila ? Les désaccords sont profonds entre le gouvernement, qui met l’accent sur la cohésion nationale face aux tensions régionales, et l’opposition, déterminée à bloquer toute réforme constitutionnelle.
Félix Tshisekedi a confié aux confessions religieuses la mission d’organiser ce dialogue, mais les attentes divergent. Le chef de l’État souhaite aborder « toutes les questions d’intérêt national », y compris la Constitution. Reste à savoir si ce cadre permettra d’éviter les écueils habituels : instrumentalisation politique et division des oppositions.