Un lanceur d’alerte centrafricain refusé d’asile en France après avoir dénoncé Wagner

Le parcours d’un lanceur d’alerte centrafricain face au rejet de sa demande d’asile en France

Sa demande d'asile en France a été refusée, le journaliste continue de se cacher en France avec ses proches en attendant la décision du recours qu'il a déposé.

Un refus qui envoie un signal alarmant aux défenseurs de la transparence. Ephrem Yalike-Ngonzo, journaliste centrafricain, voit sa demande d’asile rejetée par les autorités françaises, alors qu’il avait obtenu un laissez-passer grâce à l’intervention d’Emmanuel Macron. Ce refus intervient après ses révélations sur les activités du groupe Wagner en Centrafrique, un système qu’il a contribué à dénoncer.

Un parcours marqué par l’engagement et la menace. Depuis 2024, Yalike-Ngonzo résidait en France, où il avait trouvé refuge après avoir été approché par des acteurs liés à l’armée centrafricaine et aux partenaires russes. Son travail, consistant à publier des articles favorables à ces entités, lui rapportait entre quinze et trente euros par publication, un montant dérisoire comparé à son salaire mensuel.

Des menaces de mort et une fuite précipitée

En 2024, le journaliste a pris la parole dans le cadre d’une enquête internationale, révélant les rouages de la propagande russe en Afrique. Ses révélations ont mis en lumière les mécanismes de désinformation orchestrés par Wagner, entraînant des sanctions européennes contre Mikhaïl Prudnikov, une figure clé de cette stratégie.

Mais cette prise de position a eu un prix. Menacé de mort par le groupe Wagner, Yalike-Ngonzo a dû quitter précipitamment son pays. Aujourd’hui, il vit reclus en France avec sa famille, tandis que ses proches restés en Centrafrique subissent régulièrement des pressions pour révéler son lieu de résidence.

Un recours en cours et une décision attendue

Face au rejet de sa demande d’asile, Yalike-Ngonzo a déposé un recours devant la Cour nationale du droit d’asile. La procédure pourrait s’étendre sur près d’un an. En attendant, il continue de se cacher, dans l’incertitude la plus totale quant à son avenir en France.

Pour son avocat, ce refus constitue un « signal extrêmement négatif » pour tous ceux qui luttent contre la propagande russe. Une décision qui interroge sur la protection accordée aux lanceurs d’alerte, dont le courage est pourtant essentiel pour démasquer les systèmes opaques.