Vague d’arrestations de leaders de l’opposition au Tchad avant une manifestation
Neuf figures majeures de l’opposition tchadienne, membres du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP), ont été interpellées. Ces arrestations surviennent à quelques jours d’une marche pacifique que cette coalition avait l’intention d’organiser.
Ces arrestations au Tchad sont officiellement motivées par l’exécution d’un arrêté de la Cour suprême daté du vendredi 24 avril 2026. Cette décision prononce la dissolution du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP), une importante coalition de partis d’opposition, et déclare ses activités illégales sur l’ensemble du territoire tchadien. L’arrêté a été pris alors que le collectif s’apprêtait à organiser une manifestation de protestation et d’indignation prévue pour le 2 mai.
Les autorités tchadiennes ont qualifié cette initiative de simple manœuvre visant à troubler l’ordre public.
Abdel Nasser Garboa, porte-parole du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), le parti au pouvoir, a exprimé un certain regret : « En tant qu’être humain, l’arrestation de quiconque est toujours regrettable, surtout lorsqu’il s’agit de personnalités d’un certain âge. »
Cependant, Garboa a également souligné la nécessité de soutenir le gouvernement dans ses efforts pour maintenir l’ordre et relever les nombreux défis du pays. Il a exprimé sa déception face à l’attitude de ces acteurs politiques qui, selon lui, se positionnent comme des sources de troubles plutôt que comme des forces de proposition constructives. Il les a exhortés à faire preuve de plus de responsabilité dans leurs actions.
L’opposition dénonce un recul démocratique
Mahamat Zen Chérif, président du parti Tchad Uni et non-membre du GCAP, a une vision très différente. Pour lui, ces événements représentent un grave revers pour la démocratie tchadienne. Il met en avant l’importance cruciale de préserver l’État de droit et les fondements démocratiques.
« L’arrestation de leaders de partis politiques légalement établis, agissant dans le cadre de la légalité républicaine, envoie un message fort de régression démocratique à l’ensemble des Tchadiens. Cela révèle, à mon sens, les faiblesses du gouvernement. Un pouvoir légitime, issu des urnes, ne devrait pas craindre l’expression populaire », a affirmé Mahamat Zen Chérif.
Il a ajouté : « Les manifestations et l’exercice des libertés fondamentales sont essentiels à la vitalité de la vie politique démocratique. Interdire systématiquement toute forme de protestation risque d’ouvrir la voie à des revendications illégales, ce qui est, à mon avis, dangereux pour la stabilité politique de notre nation. »
Le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) est reconnu comme l’une des coalitions d’opposition les plus influentes au Tchad, regroupant une dizaine de partis. Connu pour ses critiques acerbes envers la période de transition, le GCAP avait déjà fait parler de lui en annonçant son retrait de la scène politique tchadienne le 31 octobre 2025. Cette décision avait été prise en réponse à ce qu’il décrivait comme une dérive autoritaire et une atmosphère de répression croissante, entraînant la fermeture de ses sièges.