Afrique : Faure Gnassingbé pousse à une économie des résultats concrets
Biashara Afrika 3 : quand l’Afrique troque ses ambitions contre des résultats tangibles
Un appel sans ambiguïté a retenti à Lomé. En ouverture de la troisième édition du forum Biashara Afrika, le président Faure Essozimna Gnassingbé a martelé une idée force : l’Afrique doit désormais privilégier les résultats économiques concrets plutôt que les seules déclarations d’intention. À ses yeux, les dirigeants du continent doivent passer d’une logique politique à une dynamique opérationnelle pour stimuler durablement la croissance et renforcer l’intégration africaine.
La capitale togolaise s’est imposée comme l’épicentre du commerce africain lors de cet événement. Ce lundi, Lomé a accueilli les principaux décideurs du continent à l’occasion de la 3ᵉ édition de Biashara Afrika. Organisé conjointement par le Secrétariat de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et les autorités togolaises, ce forum de haut niveau dédié au commerce et à l’investissement intra-africains a ouvert ses portes sous le signe d’une mobilisation sans précédent.
Le président Gnassingbé en a profité pour livrer un discours sans concession :
« Le moment est venu de remplacer les visions par des réalisations. »
Selon lui, l’Afrique se trouve à un tournant décisif de son histoire économique. Il a souligné avec conviction la capacité collective du continent à concrétiser ses ambitions politiques en succès économiques, balayant ainsi toute idée de fatalisme ou d’hésitation.
Le Togo, vitrine d’une intégration économique pragmatique
Le chef de l’État togolais a illustré ses propos par une démonstration concrète : le Togo se positionne comme un laboratoire d’expérimentation pour le marché unique africain. Grâce à une stratégie audacieuse, le pays mise sur ses atouts structurels pour s’imposer comme un acteur clé de la ZLECAf :
- Un réseau de connectivité régionale optimisé pour fluidifier les échanges commerciaux.
- Un port en eau profonde parmi les plus performants d’Afrique de l’Ouest, servant de plaque tournante logistique.
- Des réformes économiques ambitieuses, déjà saluées pour leur impact sur le climat des affaires.
À travers cette approche, Lomé entend prouver que l’intégration économique africaine peut générer des bénéfices immédiats, à condition que la volonté politique s’aligne sur les besoins des entreprises et des investisseurs.
ZLECAf : un marché colossal face à des défis persistants
Les chiffres de la ZLECAf laissent entrevoir un potentiel économique sans précédent :
Les données clés du marché unique africain
- 55 pays membres, couvrant l’ensemble du continent.
- Un marché de 1,4 milliard de consommateurs.
- Un PIB cumulé estimé à 3 400 milliards de dollars.
Pourtant, ce projet ambitieux se heurte encore à des obstacles majeurs. Les participants au forum ont identifié les principaux freins au commerce intra-africain :
- La persistance de barrières non tarifaires qui entravent les échanges.
- Un déficit chronique d’infrastructures dans de nombreuses régions.
- Des difficultés d’accès aux financements pour les entreprises locales.
- Une fragmentation des chaînes de valeur, défavorable aux PME.
La priorité ? Accélérer la mise en œuvre des mesures concrètes pour lever ces verrous et rendre le marché unique opérationnel.
Biashara Afrika : l’heure de passer à l’action pour la ZLECAf
Les entrepreneurs présents à Lomé ont réagi avec enthousiasme à l’appel lancé par Faure Gnassingbé. Un homme d’affaires kenyan a résumé l’état d’esprit général : « Il est temps de remplacer les promesses par des actes. » Un économiste nigérian a renchéri : « La ZLECAf ne deviendra une réalité que si les PME y trouvent leur place. »
Au-delà des discussions techniques, ce forum s’inscrit dans une stratégie géopolitique plus large : celle d’une Afrique déterminée à peser davantage sur la scène économique mondiale. La ZLECAf est perçue comme une réponse aux enjeux de la mondialisation et aux tensions commerciales internationales.
Le message est clair : l’Afrique possède désormais le cadre juridique, les ressources naturelles et le capital humain nécessaires. Le vrai défi ? Passer sans délai de la théorie à la pratique.