Alerte de l’ONU sur la dérive autoritaire et le blocage électoral au Mali

L’organisation des Nations Unies exprime sa vive préoccupation face à l’évolution du contexte politique à Bamako. Volker Türk, à la tête du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, a fermement critiqué le durcissement du régime et le report sine die des scrutins électoraux. Selon lui, les législations récemment instaurées pourraient entraver durablement les libertés fondamentales au Mali. Il presse les dirigeants de la transition d’annuler ces mesures restrictives sans attendre.

Elections suspendues et répression : l'ONU tire la sonnette d'alarme sur la situation au Mali

Un pouvoir sans limite et un processus démocratique à l’arrêt

Le climat s’est alourdi depuis qu’en juillet dernier, le général Assimi Goïta a validé un texte lui octroyant une présidence sans limite de temps. Cette décision fait de lui le dirigeant permanent du pays, une situation que l’ONU juge contraire aux principes de participation citoyenne. Volker Türk rappelle que cette réforme verrouille tout espoir d’élections transparentes et périodiques, privant les Maliens de leur droit de vote. Par ailleurs, la dissolution des formations politiques décidée en mai reste un point de tension majeur, actuellement sous examen par la Cour Constitutionnelle.

Fin de l’instrumentalisation judiciaire contre la dissidence

Parallèlement au blocage institutionnel, une vague d’interpellations touche des figures de proue de la société civile et de l’ancienne classe politique. Des personnalités comme l’activiste Clément Dembélé ou l’ancien chef du gouvernement Choguel Maïga se trouvent sous les verrous. Le Haut-Commissaire s’est dit alarmé par ces arrestations motivées par des critiques envers l’État. Il exige la libération de ceux qui sont détenus pour avoir simplement partagé leurs opinions et demande que la justice cesse d’être utilisée pour faire taire les voix divergentes au Mali.