Alerte de l’ONU sur la situation alarmante des libertés au Mali

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a exprimé ses vives inquiétudes concernant le recul démocratique au Mali. Selon Volker Türk, le pays s’enfonce dans un climat de répression où les fondements de la démocratie s’effacent progressivement au profit d’un régime autoritaire de plus en plus fermé.

Un calendrier électoral à l’arrêt complet

Depuis le renversement d’Ibrahim Boubacar Keïta en 2020, les engagements pour un retour à un gouvernement civil semblent s’être volatilisés. Aucune élection présidentielle n’a été organisée depuis le scrutin de 2018. Récemment, une nouvelle législation a été adoptée, permettant au général Assimi Goïta de se maintenir au pouvoir indéfiniment, sous prétexte de stabilisation nationale.

Cette décision, couplée à un décret présidentiel ayant dissous les partis et organisations politiques, prive les citoyens maliens de leur droit fondamental à la participation publique. Pour Volker Türk, ces manoeuvres juridiques verrouillent toute perspective de transition démocratique dans un futur proche.

Une opposition muselée par la justice

La pression s’intensifie également sur les voix dissidentes. L’arrestation de l’ex-premier ministre Moussa Mara, survenue après une publication exprimant son soutien aux prisonniers d’opinion, illustre cette tendance au durcissement. Accusé d’atteinte à la crédibilité de l’État, son cas n’est pas isolé.

Le chef des droits humains de l’ONU pointe du doigt une instrumentalisation flagrante de la loi pour étouffer toute contestation. Cette stratégie de silence touche désormais toutes les strates de la société, entraînant une multiplication des interpellations arbitraires sous des motifs similaires à ceux visant l’ancien chef du gouvernement.

Violences et exactions contre la population civile

Le contexte sécuritaire demeure critique avec les offensives répétées des groupes terroristes tels que le GSIM (affilié à Al-Qaïda) et Daech, qui sévissent dans la zone frontalière entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. En réponse, les forces armées maliennes, épaulées par les paramilitaires russes de l’Africa Corps, multiplient les opérations de terrain.

Cependant, ces interventions se soldent souvent par des drames humains affectant directement les civils. Des rapports font état de nombreuses exécutions sommaires, de disparitions forcées et de détentions injustifiées commises par l’ensemble des parties au conflit depuis le mois d’avril. L’analyse des Nations Unies est sans équivoque : entre blocage politique et violences systématiques, le Mali s’installe dans une instabilité préoccupante qui menace durablement l’avenir de ses habitants.