Bénin et Maroc : vers une révolution des voyages sans visa pour les béninois
Cotonou et Rabat écrivent une nouvelle page de leurs relations bilatérales
Lors de la 7ᵉ Commission mixte de coopération organisée à Cotonou, le Bénin et le Maroc ont franchi une étape historique dans leur partenariat. Parmi les quatorze accords signés, l’annonce faite par Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, marque un tournant : le Maroc étudie la possibilité d’exempter les Béninois de visa pour leurs passeports ordinaires. Une décision qui pourrait redéfinir les échanges entre les deux pays, tant sur le plan économique que culturel.
Une avancée diplomatique aux retombées économiques majeures
L’exemption de visa, si elle est finalisée, constituera un catalyseur pour les échanges commerciaux. Actuellement, les contraintes administratives liées aux visas freinent les déplacements des entrepreneurs et des investisseurs. Avec cette mesure, les PME et start-ups béninoises gagneront en compétitivité, tandis que les acteurs marocains, déjà bien implantés en Afrique de l’Ouest dans les secteurs bancaires et assurantiels, pourront étendre leur influence au Bénin. Les exportateurs béninois bénéficieront, quant à eux, d’un accès facilité au marché nord-africain.
Cette initiative s’ajoute à une dynamique déjà engagée depuis 2024 avec le lancement de l’e-Visa marocain, qui avait permis de fluidifier les procédures. L’exemption totale des visas représenterait une avancée supplémentaire vers un espace économique intégré entre les deux nations.
Tourisme, éducation et santé : des secteurs qui profiteront de cette mesure
Les opportunités ne se limitent pas au commerce. Le Maroc attire depuis des années les étudiants béninois, qui y poursuivent des études supérieures ou professionnelles. Une exemption de visa simplifiera considérablement leur installation et leur suivi académique. Par ailleurs, le tourisme, notamment médical et culturel, devrait connaître un essor significatif. Des destinations comme Marrakech, Fès ou encore Ouidah pourraient devenir plus accessibles aux voyageurs béninois, stimulant ainsi les échanges humains et culturels.
Quatorze accords pour un partenariat ambitieux et structurant
La signature de quatorze accords de coopération lors de cette commission mixte confirme la volonté des deux pays de renforcer leur collaboration dans des domaines clés. Ces textes couvrent notamment :
- L’économie : renforcement des échanges commerciaux et des investissements;
- L’enseignement supérieur : augmentation des bourses d’études et des échanges académiques;
- La culture : promotion des industries créatives et du patrimoine;
- La coopération institutionnelle : mise en place de mécanismes de suivi pour garantir l’exécution des projets.
Les deux parties ont souligné l’importance de mettre en œuvre des actions concrètes pour éviter que ces engagements ne restent sans suite. L’objectif ? Créer un impact tangible et durable sur le terrain.
Un pas de plus vers l’intégration africaine
Cette initiative s’inscrit dans une vision plus large de coopération Sud-Sud, portée par le Maroc et le Bénin. Elle illustre également l’engagement du Bénin à diversifier ses partenariats et à accélérer son intégration économique régionale. En facilitant la mobilité des personnes et des biens, les deux pays envoient un message fort à l’ensemble du continent : l’intégration africaine se construit par des actions bilatérales concrètes.
La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) trouve ici un exemple concret de sa mise en œuvre. Reste désormais à finaliser les aspects techniques et juridiques de cette exemption de visa, qui promet de transformer le quotidien des citoyens béninois et marocains.