Burkina Faso : une dégradation alarmante des libertés deux ans après le coup d’État
Au Burkina Faso, la transition politique s’enlise, laissant le retour à un ordre constitutionnel dans l’impasse. Deux ans après le coup d’État militaire, les autorités ont progressivement fermé l’espace civique, cherchant à étouffer toute voix discordante. La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) dénonce fermement ces atteintes répétées aux droits fondamentaux et exhorte au rétablissement de l’État de droit.
Une répression systémique contre les voix critiques
Depuis le 30 septembre 2022, un climat de peur s’est installé. Journalistes, militants des droits humains et opposants politiques sont régulièrement visés par des menaces, des enlèvements et des disparitions forcées. Cette atmosphère délétère est exacerbée par des discours de haine diffusés sur les réseaux sociaux. La FIDH appelle les autorités burkinabè à libérer les détenus arbitraires et à honorer leurs engagements internationaux.
« Le musellement de la société civile est inadmissible dans un contexte censé prôner une meilleure gouvernance », souligne Me Drissa Traoré, secrétaire général de la FIDH. La protection de la liberté d’expression et d’association est indispensable.
Enrôlements forcés et entraves à la justice
Le décret de mobilisation générale de 2023 est détourné pour réduire au silence des figures de la société civile, à l’instar de Dr Daouda Diallo ou d’Ablassé Ouédraogo, envoyés au front. Plus grave encore, l’indépendance de la justice est mise à mal : des magistrats ayant rendu des décisions défavorables aux proches du régime ont été réquisitionnés de force pour servir au front, une pratique dénoncée par Alice Mogwe, présidente de la FIDH, comme une violation flagrante de la Constitution et de la Charte africaine des droits de l’homme.
Liberté de la presse et harcèlement des opposants
- Contrôle des médias : Les journalistes subissent une pression constante et sont contraints à l’autocensure. Des figures comme Atiana Serge Oulon, Kalifara Séré et Adama Bayala ont été enlevées dans un contexte de suspension médiatique.
- Persécution des familles : Les proches d’anciens dignitaires, comme ceux de Djibril Bassolé, font l’objet de violences et d’enlèvements, souvent encouragés par des activistes alignés sur le pouvoir.
Face à cette situation, la FIDH appelle les Nations unies et l’Union africaine à intensifier leurs efforts pour exiger la fin des violences et le respect de l’intégrité physique de tous les citoyens burkinabè.