Droits humains au Burkina Faso : la CADHP appelée à agir
Une intervention cruciale pour les droits fondamentaux au Burkina Faso
À l’approche de l’examen du Burkina Faso prévu le 23 octobre 2024, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) est vivement encouragée à placer les enjeux sécuritaires et civiques au cœur de ses échanges. Human Rights Watch insiste sur l’urgence pour les autorités burkinabè de renforcer la protection des civils en zone de conflit, de garantir un espace de liberté pour la société civile et de mettre un terme à l’impunité persistante.
Un bilan contrasté face aux obligations internationales
Le mécanisme d’examen de l’Union africaine impose aux États membres de rendre compte de leur respect de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Toutefois, le rapport officiel soumis par Ouagadougou en mai 2023 omet des réalités préoccupantes :
- Les exactions commises par les forces de sécurité nationales.
- La menace constante des groupes armés islamistes sur les populations.
- Le rétrécissement drastique de l’espace civique et les atteintes aux libertés publiques.
Conflit armé et protection des civils
Depuis 2016, le pays fait face à une insurrection menée par le GSIM et l’EIGS, aggravée par une instabilité politique marquée par deux coups d’État depuis 2022. Si le gouvernement met en avant ses efforts de formation des militaires aux droits humains, les rapports de terrain documentent des exécutions sommaires, des disparitions forcées et des crimes contre l’humanité attribués aux forces étatiques. En parallèle, les groupes armés multiplient les enlèvements et pillages, tout en imposant des blocus meurtriers sur de nombreuses localités.
Libertés publiques en péril
La situation des défenseurs des droits humains, des journalistes et des opposants politiques est alarmante. La junte au pouvoir est régulièrement accusée de :
- Recourir à la conscription forcée pour faire taire les voix dissidentes.
- Pratiquer des enlèvements arbitraires.
- Intimider les médias et les activistes, comme en témoigne la disparition forcée de plusieurs journalistes.
Face à ces dérives, la CADHP est appelée à exiger des comptes et à solliciter une visite officielle au Burkina Faso. L’objectif est clair : obtenir des engagements concrets pour que chaque citoyen puisse exercer ses droits sans crainte de représailles, tout en garantissant que les auteurs de crimes graves répondent de leurs actes devant la justice.