Suite à la décision de la Caf, le Sénégal a perdu son titre de champion d’Afrique au profit du Maroc après appel. cette situation interroge : comment contester le résultat d’une compétition déjà jouée, et quelles suites juridiques attendre du recours introduit devant le tas ?
raisons de la décision de la Caf d’attribuer le titre au Maroc
Le 18 janvier 2026, lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (can), le Sénégal s’imposait face au Maroc, pays organisateur, dans un match marqué par des soupçons persistants sur l’arbitrage et la gouvernance de la Caf. Celle-ci, accusée de partialité en faveur du pays hôte, avait dû publier un communiqué pour réaffirmer son attachement à la transparence, l’équité et le strict respect de ses règlements.
Cette finale a été marquée par une série d’incidents : un but refusé au Sénégal à la 92e minute, un pénalty accordé au Maroc à la 98e minute, puis le retrait des membres de l’équipe sénégalaise (joueurs et staff technique) du terrain en signe de protestation contre les décisions arbitrales. après une suspension de près de 15 minutes, le Maroc rate son pénalty, mais le Sénégal marque en prolongations et remporte le match.
Cependant, selon les règlements de la can, tout retrait ou refus de jouer sans autorisation de l’arbitre entraîne une défaite 3-0 par forfait. c’est sur cette base que la Fédération royale marocaine de football (frmf) a saisi le Jury disciplinaire de la Caf. dans une décision rendue le 28 janvier 2026, le Jury a rejeté la réclamation, puis la Frmf a interjeté appel auprès du Jury d’Appel de la Caf, qui a tranché le 17 mars 2026.
Le Jury d’Appel a estimé que « la Fédération Sénégalaise de Football (fsf), à travers le comportement de son équipe, a enfreint l’article 82 des règlements de la can ». il a donc appliqué l’article 84, déclarant le Sénégal perdant par forfait sur le score de 3-0 en faveur du Maroc. en réponse, le Sénégal a saisi le Tribunal arbitral du Sport (tas) le 25 mars 2026.
fondements juridiques du recours du Sénégal devant le tas
Le recours du Sénégal s’appuie sur des textes normatifs définis par les statuts de la Caf et le code de l’arbitrage en matière de sport. selon l’article 48.2 des statuts de la Caf, lorsqu’un litige oppose une équipe à une décision du Jury d’Appel de la Caf, le tas applique en priorité les règles édictées par la Caf et la Fifa, puis subsidiairement le droit suisse. ce principe a été confirmé par l’article R58 du code de l’arbitrage.
Dans une affaire similaire opposant la Fédération d’Afrique du Sud de football à la Caf (CAS 2020/A/6907), le tas avait indiqué qu’il appliquerait l’article 74 des règlements de la compétition, car c’est cette disposition qui était en cause. dans ce litige, la décision contestée repose explicitement sur les articles 82 et 84 des règlements de la can. le tas, qui a annoncé le 25 mars 2026 être « parfaitement outillé pour trancher ce type de conflits avec l’aide d’arbitres spécialisés et indépendants », devra déterminer si la décision du Jury d’Appel respecte à la fois la lettre et l’esprit de ces dispositions.
Le recours sénégalais pourrait également s’appuyer sur les articles 9 et 16 du code disciplinaire de la Fifa, ou encore sur la