Chefferie dans la Kara : Nouveaux chefs à Bassar et Doufelgou

Le protocole d’État s’est allié à la ferveur des traditions ce week-end dans la région de la Kara. En effet, en l’espace de quarante-huit heures, les cantons de Sanda-Afohou (préfecture de Bassar) et de Niamtougou (préfecture de Doufelgou) ont officiellement scellé l’avenir de leur gouvernance locale. Sous la houlette du gouverneur de la région de la Kara, le général Komlan Adjitowou, deux nouveaux chefs ont reçu leurs attributs légaux de pouvoir. Il s’agit d’un tournant institutionnel majeur, destiné à renforcer la cohésion sociale et à booster le développement à la base. Au-delà du protocole, un message politique et social fort a été délivré : le chef moderne n’est plus seulement le gardien des us et coutumes, il est désormais le pivot du développement local.

Gouvernorat Région de la Kara

Sanda-Afohou : la fin d’une longue vacance

Le vendredi 3 juillet 2026, l’émotion était palpable à Bassar. Après plusieurs années d’attente et d’incertitude, le canton de Sanda-Afohou dispose enfin d’un dirigeant officiel. Welessa Bissossou a reçu son décret de reconnaissance des mains du gouverneur, en présence du préfet, le lieutenant-colonel Assiah Hodabalo.

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En transmettant le précieux document au nouveau récipiendaire, le général Komlan Adjitowou n’a pas manqué de tracer une feuille de route rigoureuse. L’autorité régionale a rappelé les vertus cardinales qui doivent guider le règne du nouveau chef : l’impartialité et le sens du rassemblement pour recoudre le tissu social après des années de transition, l’intégrité et la responsabilité face aux aspirations de ses administrés, ainsi que l’innovation et le dévouement, indispensables pour inscrire le canton sur la trajectoire du développement durable.

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Dans la foulée, le général Adjitowou a exhorté la population locale à faire bloc autour de Welessa Bissossou, en lui accordant toute la légitimité et le soutien nécessaires à la réussite de sa mission. Intronisé par ses pairs, le nouveau chef a immédiatement affiché ses ambitions. Prenant la parole pour sa première allocution officielle, Sa Majesté Welessa Bissossou a témoigné sa profonde gratitude envers les plus hautes autorités du pays pour la confiance accordée. Il s’est solennellement engagé à être un « chef exemplaire », promettant de travailler main dans la main avec les forces vives pour l’essor de Sanda-Afohou.

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Niamtougou : la continuité coutumière validée par l’État

Le lendemain, samedi 4 juillet, le cap a été mis sur la préfecture de Doufelgou pour une célébration tout aussi stratégique. Élu selon les règles ancestrales et reconnu par décret présidentiel depuis avril dernier, Katoma Himana est désormais officiellement le chef du canton de Niamtougou.

Devant un parterre d’officiels, le général Komlan Adjitowou a remis le décret présidentiel en présence du préfet de Doufelgou, le colonel Aziaba Ayi Sessi. À cette occasion, il a redéfini le rôle moderne du chef de canton, courroie de transmission entre l’État et les communautés : « Le chef traditionnel doit être le garant de l’harmonie, le promoteur de la paix et du vivre-ensemble, mais aussi le premier relais des orientations stratégiques du gouvernement sur le terrain. »

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Par la suite, le Conseil préfectoral de la chefferie traditionnelle a procédé à l’intronisation coutumière du nouveau garant des valeurs de Niamtougou. Conscient de l’ampleur de la tâche, Katoma Himana a remercié l’État pour cette reconnaissance, salué ses prédécesseurs et appelé à l’union sacrée pour poursuivre les chantiers de développement du canton. Accueilli chaleureusement par la population, le nouveau chef s’est engagé à mobiliser toutes les forces vives pour poursuivre la modernisation initiée par ses prédécesseurs.

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Le soft power des chefs : ce que l’autorité attend d’eux

Lors des deux cérémonies, le général Komlan Adjitowou a fixé une feuille de route aux nouveaux chefs traditionnels, appelés à incarner cinq piliers : rassembler des communautés plurielles avec impartialité, promouvoir la paix et la cohésion sociale, moderniser la tradition en l’ouvrant à l’avenir, accompagner sur le terrain les politiques de développement et garantir un lien loyal entre la population et l’État.

Ainsi, en appelant Bassar et Doufelgou à faire bloc derrière leurs chefs, l’autorité régionale a insisté sur le rôle des cantons dans la stabilité nationale. Pour Welessa Bissossou et Katoma Himana, l’enjeu est désormais de transformer la légitimité du décret en résultats concrets.

En définitive, ce week-end de double investiture dans la Kara illustre la place centrale de la chefferie traditionnelle dans l’administration togolaise. La présence du gouverneur et des préfets souligne que sécurité, discipline territoriale et développement avancent de concert. À Sanda-Afohou comme à Niamtougou, l’ère des transitions s’achève, laissant place à l’action.

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