Crise au kivu : l’accord de Washington en péril malgré les pressions internationales

L’accord historique signé sous égide américaine peine à se concrétiser dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Malgré les sanctions et les déclarations musclées, les tensions persistent et les combats s’intensifient pour le contrôle des zones stratégiques.

Le 27 juin 2025, sous la pression des États-Unis, la République démocratique du Congo et le Rwanda officialisaient un accord de paix historique, baptisé « accord de Washington ». Ce traité prévoyait notamment le retrait immédiat des forces rwandaises présentes dans l’est congolais, où elles soutiennent l’Alliance du fleuve Congo/M23 (AFC/M23). Pourtant, malgré l’échéance du 15 juillet fixée pour son application, la situation reste au point mort.

Les déclarations optimistes du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, avaient laissé entrevoir une avancée significative pour mi-juillet. Pourtant, la réalité est tout autre : les combats n’ont pas cessé dans les deux Kivu. Les groupes armés, profitant de cette impasse diplomatique, renforcent leur emprise sur les territoires contestés. Les populations civiles, prises entre deux feux, subissent les conséquences d’une guerre qui semble s’enliser.

Un accord sous haute tension

L’accord de Washington, négocié sous l’égide des États-Unis, devait marquer un tournant dans la crise qui secoue l’est de la RDC depuis des années. Parmi ses principales mesures figuraient le retrait des troupes rwandaises, la fin du soutien au M23 et la reprise du dialogue entre Kinshasa et Kigali. Pourtant, les premières semaines ont révélé l’ampleur des défis à surmonter.

Les obstacles à la paix

  • Retard dans les engagements : Malgré les échéances fixées, aucun retrait concret des forces rwandaises n’a été observé. Les retards s’accumulent, alimentant les tensions.
  • Combats persistants : Les affrontements entre l’armée congolaise, les groupes rebelles et les milices locales se multiplient, notamment dans les zones minières stratégiques.
  • Sanctions inefficaces : Les mesures prises contre les acteurs clés n’ont pas suffi à faire plier les parties prenantes.
  • Diplomatie en échec : Les États-Unis, malgré leur rôle central, peinent à imposer leur vision, révélant les limites de leur influence.

Les observateurs s’interrogent : l’accord de Washington était-il trop ambitieux pour une région minée par des décennies de conflits ? La communauté internationale, divisée, peine à trouver une solution commune.

Les conséquences pour les civils

Dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, la population civile paie le prix fort. Les déplacements de populations sont en hausse, les villages sont abandonnés, et les infrastructures sanitaires et scolaires sont régulièrement prises pour cible. Les ONG alertent sur la dégradation rapide des conditions de vie, dans un contexte où l’aide humanitaire est sans cesse entravée par l’insécurité.

Les témoignages recueillis sur le terrain décrivent une situation de plus en plus désespérée. « Nous vivons dans la peur constante, sans savoir si demain nous aurons encore un toit ou de quoi nous nourrir », confie un habitant de Goma. La communauté internationale, souvent pointée du doigt pour son inaction, reste sous le feu des critiques.

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