Jeudi 16 juillet, des collectifs de citoyens ont fermement condamné cette visite. Boubacar Sèye, porte-parole d’un mouvement réclamant justice pour les victimes, a qualifié la présence de l’ancien président d’« indécente ». « Nous exigeons que la vérité éclate et que les responsables de la répression, ayant coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes, rendent des comptes », a-t-il déclaré. Pour lui, le retour de Macky Sall symbolise le prolongement d’une « ère douloureuse » pour le pays.
Un accueil contrasté
À l’Assemblée nationale, le député Guy Marius Sagna, proche du pouvoir en place, a également dénoncé cette rencontre. « Offrir une tribune à Macky Sall revient à insulter les familles des disparus et les prisonniers politiques. C’est une provocation inacceptable », a-t-il dénoncé lors d’une prise de parole publique.
Cependant, du côté de l’Alliance pour la République (APR), le parti de l’ancien chef de l’État, les appels au rassemblement se multiplient. Des militants préparent un accueil chaleureux à Dakar, tandis que Macky Sall a assuré sur les réseaux sociaux qu’il quitterait le pays « immédiatement » après son entretien avec Bassirou Diomaye Faye.
Une candidature internationale en arrière-plan
Cette visite survient alors que Macky Sall brigue le poste de secrétaire général des Nations unies. Sa candidature, soutenue par le Burundi en sa qualité de président de l’Union africaine, soulève des questions sur son rôle futur sur la scène diplomatique mondiale.
Côté officiel, la présidence sénégalaise n’a pas communiqué sur le sujet. Le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, a simplement rappelé que Macky Sall « ne fait l’objet d’aucune accusation, poursuite ou condamnation ». Il a souligné que cette visite relevait d’un « retour normal » dans son pays natal.
