les coups d’État se multiplient en Afrique depuis 2020. en Guinée-Bissau, l’un des pays les plus pauvres au monde selon l’indice de développement de l’ONU, un groupe d’officiers a renversé le gouvernement en place. cette prise de pouvoir, justifiée par une période transitoire d’un an, intervient après l’interdiction de la publication des résultats de la présidentielle du 23 novembre. le président sortant, Umaro Sissoco Embalo, aurait trouvé refuge au Congo-Brazzaville.
l’opposition, menée par Fernando Dias da Costa, conteste ces résultats et dénonce un coup monté par des militaires proches d’Embalo. selon un sondage de mi-novembre, Dias da Costa bénéficiait de plus de 60 % des intentions de vote contre seulement 50 % pour le président sortant. ce scénario rappelle les méthodes utilisées pour éviter une défaite électorale.
le Sahel sous domination des juntes militaires
le Mali, le Burkina Faso, la Guinée et le Niger sont désormais dirigés par des juntes militaires depuis plusieurs années. ces régimes ont expulsé les forces françaises et accueilli des mercenaires russes, aggravant les tensions avec les rebellions djihadistes. au Mali, l’influence islamiste progresse, imposant des règles strictes comme le voile obligatoire et la répression des femmes dans certaines régions.
au Tchad, Idris Déby a pris le pouvoir après la mort violente de son père en 2021, perpétuant un cycle de dictature familiale. au Gabon, le putsch de 2023, bien que justifié par une volonté de renverser la dynastie des Bongo, a finalement conduit à une nouvelle forme d’autoritarisme sous le général Brice Oligui Nguema.
des résistances démocratiques qui persistent
malgré ces crises, certains pays africains maintiennent des systèmes démocratiques solides. une étude récente, dirigée par Tiziana Corda de l’Istituto Studi di politica internazionale, révèle qu’en 2024, plusieurs élections libres ont permis des alternances pacifiques au pouvoir. parmi ces pays, le Sénégal, le Botswana, le Cap-Vert et le Ghana se distinguent par leur pluralisme politique et une presse libre.
l’Union africaine, soutenue par des pays comme l’Afrique du Sud et le Nigeria, continue de condamner les coups d’État tout en promouvant la démocratie. les jeunes générations africaines, représentant 70 % de la population de moins de 25 ans, jouent un rôle clé dans ces mouvements citoyens, rejetant l’autoritarisme et la corruption.
entre les défis des régimes autoritaires et les avancées démocratiques, l’Afrique montre une diversité de trajectoires politiques, où la lutte pour la liberté et la souveraineté reste un combat quotidien.