Deux jeunes centrafricains torturés par des mercenaires russes puis emprisonnés à Bangui
Deux civils centrafricains enlevés, torturés et incarcérés : le parcours tragique de Zogonimbou et Mboliloungoule
Un drame humain qui choque la Centrafrique : deux jeunes Centrafricains, Antoine Zogonimbou et Mboliloungoule, ont subi un calvaire sans précédent aux mains de mercenaires russes avant d’être transférés dans les geôles de Bangui. Leur enlèvement initial à Zemio, une localité du sud-est du pays, a marqué le début d’une série d’atrocités perpétrées à Berengo, un lieu tristement célèbre pour ses exactions. Leur sort final, entre les mains des autorités centrafricaines, soulève de nombreuses questions sur l’impunité et la protection des civils.
Enlèvement à Zemio : le point de départ d’un cauchemar
Tout a commencé dans la petite ville de Zemio, située dans la préfecture de la Haut-Mbomou, où les deux jeunes hommes ont été appréhendés de manière arbitraire. Leur arrestation, effectuée sans mandat ni justification claire, a jeté une ombre sur la sécurité des habitants de cette région déjà fragilisée par des tensions persistantes. Les circonstances exactes de leur enlèvement restent floues, mais les témoignages recueillis auprès de leurs proches évoquent une opération menée par des individus armés, identifiés comme des mercenaires russes opérant en Centrafrique.
Tortures à Berengo : la brutalité des mercenaires russes
Transférés de force vers Berengo, une ancienne base militaire reconvertie en lieu de détention illégale, Zogonimbou et Mboliloungoule ont subi des traitements inhumains. Les récits de leurs proches décrivent des scènes de tortures systématiques : passages à tabac, privations de nourriture, interrogatoires sous la menace. Berengo, connue pour être un repaire de mercenaires, est devenue le symbole des exactions commises par ces groupes armés étrangers, souvent accusés de violations graves des droits de l’homme. Leur calvaire a duré plusieurs semaines, pendant lesquelles aucun contact avec l’extérieur n’a été possible.
Un transfert controversé vers Bangui : entre justice et arbitraire
Après des mois de détention arbitraire, les deux jeunes hommes ont finalement été conduits à Bangui, la capitale centrafricaine, où ils ont été incarcérés dans les cellules de la gendarmerie. Ce transfert, loin de mettre fin à leur souffrance, a soulevé de vives inquiétudes quant à leur traitement en détention. Les autorités centrafricaines, déjà critiquées pour leur gestion des affaires judiciaires, se retrouvent une fois de plus sous le feu des projecteurs. Leur emprisonnement à Bangui interroge : s’agit-il d’une tentative de légitimer une détention initialement illégale, ou d’un aveu de complicité face aux agissements des mercenaires ?
Un scandale qui ébranle la Centrafrique
L’affaire de Zogonimbou et Mboliloungoule a provoqué une onde de choc dans tout le pays. Les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent une justice à deux vitesses, où les civils payent le prix fort des luttes de pouvoir et des interventions étrangères. À Bangui, comme dans les régions reculées, la population s’interroge : quand la Centrafrique retrouvera-t-elle sa souveraineté et la protection de ses citoyens ? Ce drame rappelle tragiquement que, malgré les promesses de stabilité, les violations des droits fondamentaux persistent, souvent sous couvert d’opérations de sécurité.
Quelles suites pour les victimes et leurs familles ?
Alors que les deux jeunes hommes croupissent toujours en prison, leurs proches réclament justice. Les avocats de la défense appellent à un procès équitable, mais les obstacles sont nombreux : intimidations, manque de preuves tangibles, et une justice centrafricaine sous pression. La communauté internationale, quant à elle, observe avec une prudence inquiète. Entre dénonciation des exactions et craintes de déstabilisation, le dossier reste un cas d’école des défis auxquels fait face la Centrafrique dans sa quête de paix et de rétablissement de l’État de droit.