Gabon : le port de Kobe-Kobe, projet intégrateur pour l’industrialisation
Le Gabon mise sur le développement de ses infrastructures pour concrétiser sa vision économique. L’objectif de devenir un hub minier et industriel en Afrique centrale d’ici 2030 prend forme avec le projet Kobe-Kobe, dont la convention stratégique avec Africa Global Logistics (AGL) a été signée il y a un peu plus d’un mois. Les autorités mettent également l’accent sur les infrastructures nationales.
Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a officiellement lancé les travaux du port en eau profonde de Kobe-Kobe le lundi 8 juin 2026, en posant la première pierre.
Ce vaste projet inclut un terminal minéralier, un quai polyvalent, une boucle ferroviaire, une zone résidentielle, des espaces de stockage et des bureaux. En misant sur la transformation locale des matières premières, le Gabon renforce sa souveraineté économique en s’appuyant sur des partenaires internationaux. Chaque acteur doit contribuer selon son domaine : mines, fer, usines de transformation. « Il faut que tout le monde travaille et produise des résultats », insiste le chef de l’État.
Le ministre des Transports et de la Marine marchande, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a déclaré : « Aujourd’hui, nous ne lançons pas simplement un chantier d’infrastructures. Nous posons les fondations d’un nouveau modèle de développement, fondé sur l’industrialisation, la création de valeur locale, l’intégration des territoires et la souveraineté logistique du Gabon. Votre ambition est claire, faire du Gabon un acteur incontournable de la logistique régionale et un hub stratégique en Afrique centrale. Cette ambition prend aujourd’hui une forme concrète. »
Ce chantier figure parmi les cinq plus grands projets miniers à l’échelle mondiale. Le directeur général d’AGL, Philippe Labone, a annoncé que les exportations depuis le port de Kobe-Kobe démarreront en avril 2031.
Le corridor ferroviaire associé s’étendra sur près de 550 kilomètres, reliant les sites de production au complexe portuaire en environ huit heures de trajet.
Les études sont déjà en cours, et AGL prévoit d’envoyer des jeunes Gabonais en formation pour qu’ils participent activement au projet.
Les retombées attendues sont massives : plus de 100 000 emplois, une augmentation de plus de 50 % du PIB, et une valeur annuelle estimée à plus de 10 milliards de dollars.