Le pouvoir camerounais est-il vraiment vacant ? la réponse dans la constitution
Politique

le pouvoir camerounais est-il vraiment vacant ? la réponse dans la constitution

Le dernier éditorial politique diffusé sur les ondes de la Radio Tiémeni Siantou (90.5 FM à Yaoundé et Bafang) relance le débat sur la présence prolongée du président camerounais à l’étranger.

Armand Djaleu
||3 min de lecture
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Le séjour prolongé du président Paul Biya en Suisse depuis le 7 juin 2026 interroge l’opinion publique camerounaise. Officiellement présenté comme un « court séjour privé », ce déplacement suscite des interrogations sur la situation politique nationale.

L’éditorialiste Éric Boniface Tchouakeu a abordé cette question dans son analyse diffusée sur Radio Tiémeni Siantou, rappelant que le chef de l’État, âgé de 93 ans, séjourne régulièrement à Genève depuis 1982.

Les autorités ont réitéré à plusieurs reprises que sa santé ne pose aucun problème, mais les spéculations persistent, notamment sur une possible vacance du pouvoir.

Pourtant, la constitution camerounaise encadre strictement les conditions d’une vacance du pouvoir. Selon l’article 10 de la loi fondamentale, celle-ci ne peut être constatée qu’en cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif du président en exercice.

Le texte ne précise cependant pas la notion d’« empêchement définitif », laissant ainsi une marge d’interprétation. Un séjour à l’étranger, même prolongé, ne constitue donc pas une base légale pour évoquer une vacance du pouvoir.

Le président Biya pourrait légalement diriger le Cameroun depuis l’étranger sans enfreindre la loi, bien que cette pratique soulève des questions éthiques et politiques.

La lenteur de la formation du gouvernement après l’élection présidentielle d’octobre 2025, ainsi que l’absence de vice-président malgré la réintroduction récente de ce poste, alimentent les interrogations sur la gouvernance actuelle.

Avec plus de 43 ans de présidence ininterrompue, jamais un décret majeur n’a été signé depuis l’étranger par le chef de l’État.

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