Le sénat du Bénin entre en fonction à Porto-Novo
le sénat du Bénin entre en fonction à Porto-Novo
Ce jeudi marque une étape clé pour la démocratie béninoise avec l’installation solennelle du Sénat, seconde chambre du Parlement. Réuni à Porto-Novo, cette institution consultative doit incarner un nouveau pas vers l’apaisement politique dans le pays.
Une chambre haute à forte valeur symbolique
Avec 25 membres, dont d’anciens présidents de la République, le Sénat du Bénin s’annonce comme une assemblée de sages. Issu de la révision constitutionnelle de 2025, il doit siéger temporairement au sein de l’Assemblée nationale en attendant l’aménagement de ses locaux définitifs.
Parmi ses membres figurent trois anciens chefs d’État : Patrice Talon, Boni Yayi et Nicéphore Soglo. Leur présence soulève un espoir de modération politique, malgré des parcours parfois divergents. Vendredi dernier à Cotonou, une réunion à huis clos sous la présidence de Maître Robert Dossou, ancien président de la Cour constitutionnelle, a permis de poser les bases de leur collaboration.
Un rôle de régulateur social
Les Béninois attendent de cette institution qu’elle joue un rôle stabilisateur. « Cette chambre doit agir comme un conseil des sages, capable de transcender les querelles partisanes grâce à l’expérience de ses membres », explique Joël Atayi-Guèdègbé, expert en gouvernance. « Elle n’a pas droit à l’erreur, car son rôle est crucial pour éviter de répéter les divisions du passé ».
Eugène Allossoukpo, analyste politique, partage cette vision : « Nous voyons dans ce Sénat un guide vers la paix sociale, après des années de tensions politiques. Bien que les voix dissidentes puissent s’exprimer, l’objectif est de créer un écosystème politique plus apaisé ».
Un budget sous surveillance
L’installation de cette nouvelle institution soulève des questions sur son impact financier. Le gouvernement a alloué 100 millions de francs CFA pour la cérémonie d’ouverture. « Le coût est inévitable, mais il faut espérer que le Sénat ne multipliera pas les sessions extraordinaires », commente Joël Atayi-Guèdègbé. « Malgré les indemnités élevées liées au statut de ses membres, il est essentiel que ce nouvel organe reste raisonnable dans ses dépenses ».
Le défi est désormais entre les mains des 25 sénateurs, avec une question centrale : leur action justifiera-t-elle cet investissement démocratique ? Leur première mission sera de prouver que cette chambre haute peut contribuer à la stabilité du pays.