Libération énergétique du Gabon face à karpowership : une stratégie en marche
Installation flottante de production d'électricité de Kapowership au Gabon.

Le Gabon trace sa voie vers une autonomie énergétique en revisitant ses partenariats historiques. Parmi les défis majeurs : réduire la dépendance au géant sud-africain Karpowership, dont les services de production électrique en mer ont marqué l’approvisionnement du pays ces dernières années. Une réorientation stratégique s’impose pour le gouvernement gabonais, déterminé à sécuriser son indépendance énergétique.

Un contrat sous haute tension : les limites de l’accord avec Karpowership

Depuis plusieurs années, le Gabon s’appuie sur des barges électriques fournies par Karpowership pour pallier les défaillances du réseau national. Pourtant, ce partenariat, bien que salvateur en période de crise, soulève des questions économiques et politiques. Les coûts élevés de ces installations et les délais parfois longs pour leur mise en service ont pesé sur les finances publiques.

Les autorités gabonaises ont ainsi annoncé leur volonté de diversifier les sources d’énergie. L’objectif ? Limiter l’influence d’un seul acteur étranger sur le secteur énergétique national. Une démarche qui s’inscrit dans une vision plus large de souveraineté énergétique, chère au président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Les alternatives envisagées par Libreville

Plusieurs pistes sont explorées pour remplacer progressivement les installations de Karpowership. Parmi elles :

  • Le renforcement des infrastructures locales : la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) accélère les projets de modernisation des centrales thermiques et hydroélectriques existantes. L’objectif est d’augmenter la capacité de production nationale pour réduire la dépendance aux importations.
  • Les partenariats avec de nouveaux acteurs : des discussions sont en cours avec des entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables, notamment pour développer des parcs solaires et éoliens dans les zones côtières.
  • L’appel à des solutions innovantes : l’État envisage des collaborations avec des fournisseurs d’électricité indépendants, afin de bénéficier de tarifs plus compétitifs et de technologies adaptées aux besoins locaux.

Les enjeux économiques et géopolitiques

Cette stratégie de diversification ne se limite pas à une question de coûts. Elle reflète aussi une volonté de reprendre le contrôle sur un secteur stratégique. Les tensions récentes entre Libreville et certains partenaires internationaux ont accéléré cette prise de conscience.

EDF, l’électricien français, figure parmi les entreprises sollicitées pour des projets d’envergure. Une collaboration qui pourrait, à terme, renforcer la stabilité du réseau gabonais et offrir des solutions durables. Cependant, les négociations restent complexes, tant les exigences techniques que financières sont élevées.

Pour les observateurs, cette transition énergétique est un test pour le Gabon. Réussir ce virage pourrait servir d’exemple pour d’autres pays africains confrontés à des défis similaires. Échouer signifierait, au contraire, une dépendance prolongée envers des acteurs extérieurs.

Brice Clotaire Oligui Nguema

EDF

Société d’énergie et d’eau du Gabon – SEEG