Loi électorale 2029 : Ousmane Sonko en pole position après la réforme de Bassirou Diomaye Faye

loi électorale 2029 : Ousmane Sonko en pole position après la réforme de Bassirou Diomaye Faye

Une loi électorale controversée, signée par le président Bassirou Diomaye Faye, redessine le paysage politique sénégalais à l’approche de la présidentielle de 2029. Ce texte, perçu comme un tremplin pour la candidature d’Ousmane Sonko, a immédiatement provoqué des remous au sein du Pastef, révélant des fractures insoupçonnées au sommet de l’État.

Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko au palais présidentiel

Le décret présidentiel, rendu public un samedi matin, officialise une réforme du code électoral qui pourrait lever l’obstacle judiciaire pesant sur la candidature d’Ousmane Sonko. Ce dernier, Premier ministre et figure incontournable du Pastef, avait été privé de ses droits civiques en 2024 après une condamnation pour diffamation. Une situation qui avait contraint Bassirou Diomaye Faye à se présenter à sa place lors du scrutin présidentiel. Aujourd’hui, la donne change radicalement.

Une réforme aux conséquences politiques majeures

Le nouveau texte législatif, adopté en seconde lecture le 9 mai, introduit des modifications profondes dans le code électoral sénégalais. Parmi elles, la réduction à cinq ans de la durée de déchéance civique après une condamnation, contre une durée variable auparavant. Une avancée qui pourrait permettre à Ousmane Sonko de retrouver ses droits politiques dès 2026, soit trois ans avant la présidentielle.

Cette réforme, qualifiée de « rétroactive » par certains juristes, suscite des débats enflammés. Les détracteurs du texte y voient une manœuvre politique visant à favoriser un proche du chef de l’État. D’autant que la procédure avait été ralentie par des demandes de réexamen formulées par Bassirou Diomaye Faye lui-même, invoquant des « erreurs matérielles » dans le projet initial.

Des tensions internes au Pastef

Les dissensions au sein du parti au pouvoir ne sont plus un secret. Des rumeurs persistantes évoquent une rivalité croissante entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, deux hommes pourtant unis par des années de combat politique commun. Les soutiens du Premier ministre accusent le président de vouloir instrumentaliser la réforme pour servir ses propres ambitions, tandis que les partisans de Faye défendent une volonté de modernisation du système électoral.

Ousmane Sonko, après avoir été élu député puis nommé Premier ministre, reste une figure centrale de la scène politique sénégalaise. Sa possible candidature en 2029, rendue plausible par cette loi, redéfinit les équilibres au sein du Pastef et interroge sur l’avenir du duo présidentiel.

Dans ce contexte électrique, une question reste en suspens : cette réforme suffira-t-elle à apaiser les tensions, ou au contraire, à attiser les rivalités avant l’échéance de 2029 ?