Massacre de villageois au Mali : l’africa corps pointé du doigt

Des exactions meurtrières attribuées aux forces russes au centre du Mali
Plus de 100 combattants de l’Africa Corps, une force armée sous contrôle russe, ont mené une opération meurtrière dans le village de Bombori, situé dans la région de Mopti au Mali, au début du mois de juillet 2026. Neuf civils, dont quatre enfants, ont été exécutés sommairement. Par ailleurs, des dizaines d’autres personnes ont subi des violences physiques, tandis que huit habitations ont été pillées et incendiées. Ces actes surviennent dans un contexte où les forces russes agissent en étroite collaboration avec l’armée malienne.
Une attaque ciblant la communauté peule
L’assaut a débuté aux premières heures du 10 juillet, lorsque les forces de l’Africa Corps, accompagnées de quelques soldats maliens, ont encerclé le quartier peul de Bombori. Plus de 80 hommes et garçons ont été rassemblés sous la menace d’armes automatiques. Les témoignages recueillis révèlent un climat de terreur : les combattants russes ont battu les détenus, les ont interrogés sous la menace, et ont abattu six personnes qui tentaient de fuir. Trois autres civils ont été exécutés sommairement, dont l’un décapité.
Un villageois de 39 ans a décrit l’opération comme étant dirigée par des combattants russes, dont un homme blanc, vraisemblablement un officier, communiquant par talkie-walkie. « Il tirait en l’air à chaque question posée », a-t-il rapporté. Les assaillants, équipés de pick-up armés et de motos, ont systématiquement ciblé les habitations peules, accusant leurs occupants de liens avec les groupes armés islamistes.
Des violences documentées par des témoins
Les habitants de Bombori ont fourni des récits accablants des exactions commises. Un homme de 40 ans a témoigné avoir vu des combattants russes tirer sur des civils en fuite, avant de les achever à terre. D’autres ont décrit des scènes de pillage : « J’ai vu sept pick-up équipés de mitrailleuses et plus de 60 motos arborant des drapeaux maliens », a déclaré un boucher de 57 ans. Huit maisons ont été incendiées, ainsi que cinq greniers à céréales, privant les familles de leurs moyens de subsistance.
Les forces de l’Africa Corps ont également saisi des téléphones et photographié les détenus avant de les interroger. Sous la supervision d’un soldat malien agissant comme interprète, les civils ont été sommés de dénoncer des combattants islamistes. « Celui qui collabore aura une récompense. Sinon, nous vous tuons tous », auraient menacé les assaillants. Trois jeunes hommes, suspectés d’avoir perçu des « impôts » pour le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), ont été emmenés vers une base du groupe armé. Leurs corps, égorgés et ligotés, ont été retrouvés peu après.
Un climat de tension exacerbé par les groupes armés
Le GSIM, affilié à Al-Qaïda, contrôle Bombori depuis 2017 et impose une charia stricte tout en recrutant parmi les jeunes de la région. Cependant, les habitants ont confirmé que les combattants du GSIM avaient quitté le village la veille de l’attaque, laissant la population sans protection. « Les combattants sont partis pendant la nuit. Ils ne nous protègent pas », a expliqué un témoin. Cette absence de présence islamiste n’a pas empêché les forces de l’Africa Corps de perpétrer leurs exactions.
Les violences contre la communauté peule ne sont pas nouvelles au Mali. Depuis des années, des gouvernements successifs ont associé cette ethnie aux groupes armés, entraînant des représailles disproportionnées. Les Rimaïbés, autre groupe ethnique de Bombori, ont confirmé avoir été épargnés lors de l’attaque. « Personne n’a été arrêté ni tué chez nous », a souligné le boucher, un Rimaïbé.
Une responsabilité partagée à éclaircir
Les autorités maliennes, dirigées par le président Assimi Goïta, ont renforcé leur coopération militaire avec la Russie après l’expulsion des forces françaises et onusiennes en 2021. L’Africa Corps, créé pour remplacer le groupe Wagner, comprend d’anciens combattants de cette milice. Les exactions commises à Bombori s’inscrivent dans une série d’abus documentés par des organisations de défense des droits humains, impliquant à la fois l’armée malienne et les forces russes.
Les Conventions de Genève interdisent explicitement les attaques contre les civils, les exécutions sommaires et les traitements cruels. Les responsables de ces crimes, qu’ils soient des combattants russes ou des militaires maliens, pourraient être poursuivis pour crimes de guerre. Pourtant, aucune enquête officielle n’a été ouverte à ce jour.
« Les villageois de Bombori ont été pris au piège entre une armée malienne complice et des groupes islamistes sans foi ni loi », a dénoncé un observateur local. « Aucun des belligérants ne respecte le droit international. »