Nouveau centre anti-blanchiment d’argent à Abidjan : un outil clé pour la CEDEAO

Le ministre ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a inauguré ce mercredi à Cocody les nouveaux locaux du Centre d’Information du GIABA (Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique). Cette infrastructure, offerte par l’État ivoirien, s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la lutte régionale contre la criminalité financière.
La création de ce centre à Abidjan remonte à 2010, lorsque le Conseil des ministres de la CEDEAO avait décidé d’y implanter un pôle dédié aux États francophones et lusophones, aux côtés d’un autre à Lagos pour les pays anglophones. Après des années de fonctionnement dans des locaux temporaires, le centre a officiellement ouvert en 2015, officialisant ainsi son rôle stratégique dans la région.
Adama Coulibaly a mis en avant l’urgence d’une réponse collective face à l’évolution des méthodes de blanchiment et de financement du terrorisme. Pour lui, aucun pays ne peut seul contrer ces menaces : la mutualisation des ressources, des données et des expertises est désormais indispensable. Le nouveau centre se veut une plateforme régionale dédiée à la formation, la sensibilisation, la recherche et l’échange d’informations au service des États membres de la CEDEAO.
Le Directeur général du GIABA, Edwin W. Harris Jr., a rappelé l’impact du centre depuis son ouverture en 2015. À travers des journées portes ouvertes, des conférences, des concours d’art oratoire et des séminaires, il a mobilisé divers acteurs : jeunes, médias, leaders religieux, société civile et institutions financières. Avec ces nouveaux locaux, le centre ambitionne de devenir un hub régional d’excellence, combinant savoir, innovation et coopération pour la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).
Parmi les innovations majeures, un Centre de Formation Assistée par Ordinateur (CBT) a été intégré. Cet outil permettra de proposer des modules sur mesure pour les autorités, les institutions financières, les magistrats, les universitaires et les jeunes professionnels. Les formations, certifiantes pour certains parcours, visent à professionnaliser les acteurs et à renforcer l’expertise collective dans la prévention des flux financiers illicites.
Edwin W. Harris Jr. a également souligné l’importance de l’implication de tous les acteurs : administrations publiques, institutions financières, médias, universités, société civile et partenaires techniques. Une attention particulière sera accordée aux étudiants et jeunes chercheurs, afin de faire du centre un espace d’apprentissage et d’innovation au service de la bonne gouvernance et du développement économique de l’Afrique de l’Ouest.
L’inauguration de ces locaux intervient à quelques jours de la fin du mandat du Directeur général du GIABA, marquant ainsi une volonté de pérenniser les outils de coopération et de partage d’informations pour les années à venir.