Dès les premières minutes de la séance de tirs au but, les Grands Boulevards de Paris ont résonné des chants « Sa-fo-nov » scandés à pleins poumons. Les fumigènes jaillissaient déjà après le premier penalty réussi par Gonçalo Ramos, comme si les supporters pressentaient déjà le dénouement. Dans les bars bondés, seuls les plus chanceux, souvent grands de plus de 1,80 mètre, pouvaient assister aux arrêts décisifs sur les écrans, tandis que les autres se contentaient des bruits de chaque tentative.
131 interpellations, un bilan bien moins lourd qu’en 2025
L’euphorie a rapidement laissé place à des tensions lorsque l’un des tirs au but a échoué. Une vague de panique a submergé la foule, qui s’est dispersée en catastrophe après l’intervention musclée des forces de l’ordre. Les CRS, postés à quelques mètres, ont utilisé des gaz lacrymogènes pour contenir les débordements, déclenchant une réaction en chaîne parmi les fêtards. Malgré les fouilles systématiques aux abords des Champs-Élysées, des feux d’artifice ont été lancés, ajoutant à la confusion.
Le jeu du chat et de la souris entre les supporters et les forces de l’ordre s’est prolongé toute la soirée. Selon les chiffres communiqués par la préfecture de police de Paris, 131 personnes ont été interpellées, un nombre bien inférieur aux 559 arrestations enregistrées lors de la victoire contre l’Inter Milan en 2025. « Il y a moins de débordements que l’année dernière, mais l’ambiance reste tendue », a commenté un CRS près de la rue du Colisée.
La chaleur étouffante, dépassant les 37 degrés l’après-midi, et la routine des célébrations ont peut-être adouci les ardeurs. « On a déjà vécu ça l’année dernière, c’est moins stressant », a témoigné Benji, un habitué des grands événements parisiens. Des klaxons retentissaient rue La Boétie, l’une des rares artères non fermées, tandis que les Grands Boulevards se transformaient en un champ de ruines jonché de pétards et de fusées. Malgré une vingtaine de véhicules de police encore en patrouille vers 23 heures, l’ambiance restait festive, même si les tensions persistaient.
Jamais Paris n’avait été aussi bondé pour un événement footballistique depuis la victoire des Bleus en Coupe du monde 2018. Dès le matin, des milliers de supporters en tuniques parisiennes avaient envahi les rues, alimentant les discussions dans les cafés et sur les réseaux sociaux. Certains, comme ces anciens d’Ivry, anticipaient déjà les célébrations : « Je vais regarder le match chez moi, histoire d’éviter une garde à vue inutile ! »
La vente de mortiers et pétards sur les réseaux sociaux avant le match laissait présager des excès. En fin de soirée, alors que l’air était encore chargé de poudre lacrymogène, un vieil homme remontant la rue du Faubourg-Montmartre a lancé à son voisin : « Je suppose que le PSG a gagné. » La réponse ne faisait aucun doute.