La disparition prolongée de Paul Biya du territoire camerounais alimente les spéculations sur l’état de santé du chef de l’État, alors que des voix s’élèvent pour questionner sa capacité à diriger un pays qu’il gouverne depuis près d’un demi-siècle. À 93 ans, le président camerounais, réélu en 2025 lors d’un scrutin controversé, détient le triste record de chef d’État le plus âgé au monde. Pourtant, depuis son départ de Yaoundé le 7 juin, il séjourne à Genève, en Suisse, officiellement pour un « court séjour privé ».

Cette absence, qui dépasse désormais les cinquante jours sans retour, est inédite après quarante-quatre ans de présidence ininterrompue. Les critiques fusent : « Il est impensable qu’un pays fonctionne normalement quand son dirigeant passe plus de temps à l’étranger qu’au palais présidentiel », relève un observateur politique local. Les actes officiels continuent pourtant d’être publiés sous son nom, comme en témoignent les décrets signés depuis Genève le 3 août, notamment un remaniement majeur au sein de l’armée nationale.

Une gouvernance à distance sous surveillance

Malgré son éloignement, la machine administrative camerounaise semble tourner au ralenti. Le dernier remaniement ministériel, effectué depuis la Suisse, a vu la nomination de plusieurs hauts gradés aux postes stratégiques. Une situation qui interroge sur les coulisses du pouvoir : qui prend réellement les décisions en son absence ? Les spéculations vont bon train, alimentées par l’opacité qui entoure son état de santé.

Réactions et interrogations de la société civile

Les partis d’opposition et les associations de la société civile camerounaise multiplient les communiqués pour exiger des clarifications. « Comment un pays peut-il être dirigé par un président absent depuis deux mois sans aucune explication officielle ? », s’indigne un militant des droits humains. Les rumeurs sur son état de santé s’intensifient, d’autant que les apparitions publiques se font de plus en plus rares.

Cette situation inédite place le Cameroun face à une crise de confiance sans précédent. Entre décrets signés à l’étranger et silence des autorités, les citoyens s’interrogent : qui, vraiment, dirige le pays ?