Des nominations militaires qui soulèvent des questions
Le 3 août dernier, plusieurs officiers généraux ont été promus à des postes stratégiques au sein de l’armée camerounaise. Parmi eux, le général Raymond Jean Charles Beko’o Abondo a été désigné à la tête de la garde présidentielle, une première dans l’histoire récente du pays. Ces changements interviennent alors que Paul biya est absent du territoire depuis près de deux mois, sans que les autorités n’aient fourni d’explications détaillées.
Pour certains observateurs, ces nominations pourraient s’inscrire dans une logique de verrouillage sécuritaire. Le calendrier de ces décisions, combiné au silence des institutions, alimente les spéculations sur une éventuelle transition politique. « L’absence de communication officielle laisse libre cours aux interprétations, mais beaucoup y voient une préparation à une succession », confie un analyste politique camerounais.
Le vice-président, une fonction qui cristallise les tensions
La récente réforme constitutionnelle a instauré la fonction de vice-président, censée assurer la continuité de l’État en cas de vacance du pouvoir. Une disposition qui divise l’opinion publique. « Désigner un vice-président non élu directement par les Camerounais pourrait aggraver les fractures politiques », souligne un journaliste local. Dans ce contexte, certains estiment que les autorités cherchent à renforcer le dispositif sécuritaire avant l’officialisation de ce poste, perçu comme un levier de pouvoir.
Une absence de deux mois qui nourrit les rumeurs
Âgé de 93 ans, Paul biya avait quitté le Cameroun pour un « court séjour privé en Europe ». Pourtant, deux mois plus tard, aucune information officielle n’a été divulguée sur son lieu de résidence ou son état de santé. Cette opacité nourrit les doutes : « À son âge, chaque absence prolongée suscite des inquiétudes légitimes », commente un expert en géopolitique.
Les autorités camerounaises assurent que l’état de santé du président n’est pas préoccupant et qu’il reviendra prochainement. Pourtant, l’absence de précisions alimente les rumeurs les plus diverses, allant de problèmes de santé à des manœuvres politiques en coulisses.
Un flou institutionnel qui interroge
Interrogé sur la situation, un journaliste camerounais avance une hypothèse : « Ma conviction est que Paul biya ne se porte pas aussi bien qu’on veut le laisser croire. Il aurait subi une intervention chirurgicale et serait actuellement en phase de rééducation ». Il rappelle par ailleurs qu’aucune disposition légale ne limite la durée des séjours à l’étranger des chefs d’État camerounais, ce qui laisse planer un doute persistant sur la gouvernance actuelle.
« Cette situation illustre les faiblesses du système institutionnel : les Camerounais méritent des réponses claires sur la situation de leur président », ajoute-t-il. Alors que les spéculations persistent et que l’appareil sécuritaire se réorganise, l’avenir politique du Cameroun reste suspendu à une question : que se passe-t-il vraiment dans les coulisses du pouvoir ?
