Santé du président Paul Biya : entre rumeurs et clarifications officielles au Cameroun

Le retour imminent du président Paul Biya au Cameroun a été évoqué par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, sans préciser de date exacte. Cette annonce intervient après près de deux mois d’absence du Chef de l’État camerounais, âgé de 93 ans, ce qui a alimenté les spéculations et les interrogations au sein de la population.

Face à ces rumeurs persistantes, René Emmanuel Sadi a tenu à rassurer : « Le président est en vie… Aucune vacance du pouvoir n’est à déplorer ». Une déclaration visant à couper court aux doutes sur la santé du président et sur la stabilité des institutions.

L’opposition exige plus de transparence

Plusieurs figures de l’opposition camerounaise, dont Jean-Michel Nintcheu et l’Union démocratique du Cameroun (UDC), ont réclamé une clarification sur la situation du président et sur la continuité institutionnelle. Ils ont pointé un prétendu « vide institutionnel » et dénoncé une gouvernance perçue comme à distance, alors que le camp présidentiel affirme que Paul Biya conserve pleinement ses prérogatives.

L’un des responsables politiques a appelé le Conseil constitutionnel à constater officiellement une éventuelle vacance du pouvoir. Il a souligné que la stabilité de la République ne peut reposer sur des hypothèses ou des silences prolongés.

Cadre juridique en cas de vacance du pouvoir

Selon l’article 6, alinéa 4, de la Constitution camerounaise, si une vacance du pouvoir était constatée pour cause de décès, démission ou empêchement définitif, une nouvelle élection présidentielle devrait être organisée entre vingt et cent vingt jours après l’ouverture de la vacance.

Qui assure l’intérim présidentiel ?

Pendant cette période transitoire, l’intérim serait assuré par le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, âgé de 64 ans. En cas d’empêchement, il serait remplacé par Naomie Mikel Bégala épouse Akono, première vice-présidente du Sénat et âgée de 63 ans. Leurs pouvoirs seraient strictement encadrés : ni modification de la Constitution, ni remaniement gouvernemental, ni recours au référendum ne seraient autorisés. De plus, le président par intérim ne pourrait se porter candidat à l’élection suivante.