Sénégal : un recul préoccupant dans les réformes de l’UEMOA

Le Sénégal face à ses défis dans les réformes de l’UEMOA

La 11e revue annuelle des réformes communautaires de l’UEMOA s’est achevée mardi à Dakar, après un report initial. Cet événement, présidé par le président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, a mis en lumière les progrès et les retards du Sénégal dans la mise en œuvre des réformes économiques et structurelles.

Si le Sénégal affiche un taux global de mise en œuvre de 76,45 % sur les 145 réformes évaluées, ce chiffre marque un recul de 2,14 points par rapport à 2024. Une baisse qui interpelle les autorités et nécessite des mesures correctives immédiates.

Un bilan contrasté selon les secteurs

Les résultats de cette revue, validés lors de la phase technique de novembre 2025, révèlent des performances inégales selon les domaines. Parmi les points faibles, deux secteurs se distinguent particulièrement :

  • La gouvernance économique et la convergence, avec une baisse significative de 6,3 points.
  • Les réformes structurelles, qui accusent également un net recul.

Parmi les manquements identifiés, la non-transmission du rapport 2024 du guichet unique de dépôt des états financiers à la Commission de l’UEMOA a été soulignée. Les secteurs de la culture, du tourisme, de l’artisanat, de la qualité et du climat des affaires sont également pointés du doigt comme des zones de fragilité à renforcer en priorité.

« Les conclusions de cette phase politique seront présentées au Premier ministre lors d’une audience dédiée », a précisé Cheikh Diba, ministre des Finances et du Budget.

Des avancées sectorielles encourageantes

Malgré ces reculs, certains domaines affichent des progrès notables :

  • L’agriculture, l’élevage, la pêche et l’environnement progressent de 12 points.
  • Le développement humain et social enregistre une hausse de 6,5 points.
  • Le secteur de l’énergie affiche une amélioration de 3 points.
  • La modernisation du cadre juridique, comptable et statistique gagne 5,5 points.

Ces résultats témoignent d’une dynamique sectorielle positive que les autorités souhaitent amplifier.

Un exercice d’évaluation institutionnalisé

Cette revue annuelle, instaurée par un acte additionnel de la Conférence des chefs d’État en 2013, vise à évaluer les progrès des États membres dans la réalisation des objectifs du traité de l’UEMOA. Elle permet également d’identifier les lacunes et de proposer des recommandations concrètes pour y remédier.

Depuis 2014, dix éditions de cette revue ont déjà été menées au Sénégal, avec des résultats globalement satisfaisants. La session actuelle, la onzième, marque également la deuxième édition organisée dans le cadre de la configuration politique biennale, telle que définie par la décision du 8 juillet 2023.

Pour concrétiser cet engagement, les autorités sénégalaises ont annoncé que les conclusions de cette phase politique feront l’objet d’une présentation spéciale au Premier ministre, en présence du président de la Commission. Une démarche visant à accélérer la mise en conformité avec les normes communautaires avant la prochaine revue.

Crédit photo : Diomaye Faye lors de la revue annuelle des réformes de l’UEMOA à Dakar