Usine de dessalement de Rabat : Veolia et le Maroc relancent les négociations clés

Les discussions autour de l’usine de dessalement de Rabat, un projet phare d’une capacité annuelle de 300 millions de m³, reprennent de plus belle entre le groupe français Veolia et les autorités marocaines. Après une période de ralentissement, ce chantier stratégique redevient une priorité, avec un soutien marqué de la part de l’Élysée. Les négociations, autrefois freinées par des désaccords financiers et des contraintes climatiques, montrent désormais des signes encourageants de progression.

Un projet au cœur des enjeux de souveraineté hydrique

Ce projet d’envergure prévoit une production quotidienne de 822 000 m³ d’eau potable, entièrement alimentée par des énergies renouvelables. L’objectif principal des échanges actuels ? Parvenir à un consensus sur le tarif de l’eau dessalée, fixé comme cible à 4,5 dirhams par m³. Cette usine, située sur la côte atlantique à proximité de la capitale, s’inscrit dans une logique de partenariat public-privé, où Veolia endossera les rôles de concepteur, financeur, constructeur et exploitant pour une durée de 35 ans.

Des retombées majeures pour les régions concernées

Une fois opérationnelle, cette infrastructure couvrira les besoins en eau potable de près de 9,3 millions d’habitants répartis entre les régions de Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès. Avec une telle capacité, elle contribuera significativement à renforcer la résilience hydrique du Maroc face aux défis climatiques croissants.

Contexte politique et dynamique économique

Les avancées récentes surviennent dans un contexte marqué par la réunion à Rabat de la Haute Commission mixte maroco-française, présidée par le Premier ministre français Sébastien Lecornu et son homologue marocain Aziz Akhannouch. Ces échanges illustrent la volonté des deux pays de renforcer leur collaboration dans des secteurs stratégiques, dont celui de l’eau.

Parallèlement, le marché marocain du dessalement attire l’attention d’autres acteurs internationaux. Les groupes espagnols Acciona et Cox sont actuellement en compétition pour remporter le contrat de construction de la future usine de dessalement de Tanger, prévue pour une mise en service entre 2028 et 2029. Ce projet, d’une capacité annuelle de 150 millions de m³, confirme l’attractivité du secteur et l’engagement du Maroc à diversifier ses solutions pour sécuriser son approvisionnement en eau.