Alors que le chef de l’État camerounais Paul Biya s’absente du territoire national depuis près de deux mois, une série de décrets présidentiels a été rendue publique. Ces textes officialisent un remaniement majeur dans les rangs des Forces armées, avec des nominations stratégiques à différents niveaux de la hiérarchie militaire.
Cinq nouveaux généraux de brigade ont été promus, tandis qu’un nouveau major général de l’état-major des armées a été désigné. Plusieurs commandements territoriaux et unités clés, dont la Garde présidentielle, ont également été renouvelés. Parmi les décisions les plus marquantes figure la promotion de Raymond Jean Charles Beko’o Abondo au grade de général de brigade, tout en conservant son poste de commandant de la Garde présidentielle, qu’il dirige depuis 2011.
Cette nomination inédite, depuis la création de cette unité d’élite en 1985, souligne la confiance absolue du président Biya envers ce haut gradé. Par ailleurs, le général de division Ebaka Hippolyte prend la succession du major général sortant, admis en deuxième section, renforçant ainsi la chaîne de commandement.
Des affectations ciblées dans les zones sensibles
Six nouveaux commandants territoriaux ont été installés dans quatre des cinq régions militaires interarmées. Ces régions, qui couvrent des zones confrontées à des défis sécuritaires majeurs, incluent notamment l’Extrême-Nord, frontalière avec le Nigeria et soumise aux attaques de Boko Haram, ainsi que les régions anglophones du Sud-Ouest, où la situation reste tendue.
Un message politique fort malgré l’absence du président
Ces mouvements au sein de l’armée ne sont pas uniquement d’ordre militaire. Ils envoient un signal politique fort, réaffirmant l’autorité du président Biya sur la gestion des affaires publiques, en dépit de son absence prolongée. Cependant, cette initiative a suscité des réactions critiques de la part de l’opposition, notamment du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) dirigé par Maurice Kamto. Ce dernier estime que ces nominations ne répondent pas aux questions légitimes sur la gouvernance et réclame plus de transparence, ainsi que la formation du gouvernement promis depuis décembre 2025.
