Chute de point zéro : twirwaneho et m23/afc-m23 revendiquent un bastion stratégique au sud-kivu

Point Zéro, une position clé des hauts plateaux du Sud-Kivu, tombe aux mains des groupes armés

Minembwe, Sud-Kivu — Les groupes armés Twirwaneho et M23/AFC-M23, intégrés à la coalition Alliance Fleuve Congo (AFC-M23), annoncent avoir pris le contrôle de la base militaire de Point Zéro, un bastion historique des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), de la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) et des miliciens Wazalendo. Cette position, située dans le massif d’Itombwe, dans le secteur de Mwenga, est considérée comme l’un des points les plus sensibles des hauts plateaux du Sud-Kivu.

Dans un communiqué signé par le porte-parole militaire de Twirwaneho, Fidèle Rugabo, les combattants revendiquent une offensive lancée samedi 4 juillet contre cette position stratégique. Selon leurs déclarations, les affrontements ont duré plusieurs heures avant que les forces gouvernementales congolaises et burundaises, ainsi que les miliciens alliés, ne se replient.

« Point Zéro est désormais sous notre contrôle », affirme le communiqué, précisant que les FARDC, la FDNB et les Wazalendo ont abandonné leurs positions sans combat. Aucune confirmation officielle n’a été enregistrée à ce stade.

Des combats intenses dans plusieurs zones environnantes

Des sources locales rapportent des affrontements violents sur plusieurs axes stratégiques reliant Mikenge, Kalongi, Rubemba et Kakenge. À Minembwe, la population observe la situation avec prudence, espérant une accalmie après des mois de tensions continues.

Un habitant de la région confie : « Depuis le début de l’année, nous vivons sous le rythme des combats. Si cette position est vraiment tombée, peut-être que cela apaisera les tensions dans la région. »

Selon des informations non vérifiées, les FARDC et la FDNB auraient abandonné plusieurs positions, dont Point Zéro, Mikenge, Kalongi, Rubemba et Kakenge, pour se replier vers Mutambala, Mukera et le territoire voisin de Fizi.

Navire de la marine burundaise sur le lac Tanganyika

Une base militaire au cœur des tensions régionales

Point Zéro, située dans le massif d’Itombwe, est un carrefour stratégique pour le contrôle des axes reliant Minembwe, Mikenge, Mwenga et Fizi. Depuis le retrait du M23/AFC-M23 de la ville d’Uvira en janvier 2026, les combats se sont intensifiés dans cette zone, devenue un épicentre des affrontements entre les FARDC, la FDNB, les miliciens Wazalendo et les groupes armés alliés.

La présence militaire burundaise en République démocratique du Congo

Le déploiement des forces burundaises en RDC s’inscrit dans le cadre d’un accord bilatéral de coopération sécuritaire entre Gitega et Kinshasa. Cet accord, confirmé à plusieurs reprises par les deux gouvernements, autorise la présence de plus de 29 000 soldats burundais dans l’est de la RDC depuis août 2022. Initialement déployée pour lutter contre les groupes armés burundais comme RED-Tabara, la FDNB participe désormais à des opérations conjointes avec les FARDC contre divers groupes armés actifs dans la région.

Ces derniers mois, des redéploiements ont été observés dans les territoires de Mwenga, Fizi et Uvira, dans un contexte de recrudescence des affrontements entre la coalition gouvernementale et les groupes armés.

Militaires burundais en opération au Sud-Kivu

Un conflit aux enjeux géopolitiques complexes

Le conflit dans l’est de la RDC reste marqué par des tensions entre plusieurs États de la région des Grands Lacs. Kinshasa accuse régulièrement le Rwanda de soutenir le M23/AFC-M23, une allégation rejetée par Kigali. De son côté, le Rwanda accuse les FARDC de collaborer avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé composé en partie d’anciens responsables hutus impliqués dans le génocide de 1994 contre les Tutsis.

Le Burundi reproche également au Rwanda de soutenir des groupes armés hostiles opérant dans l’est de la RDC, tandis que Kigali critique la coopération entre Gitega et les FDLR ainsi que d’autres groupes armés actifs dans la région.

Une région toujours instable malgré les efforts diplomatiques

Cette nouvelle revendication intervient alors que des accords de paix ont été signés à Washington le 27 juin 2026 entre la RDC et le Rwanda, sous médiation américaine, visant à réduire les hostilités et encadrer le désengagement militaire. Pourtant, les combats persistent sur le terrain, notamment dans les hauts plateaux du Sud-Kivu.

Cette région, l’une des plus instables des Grands Lacs, reste le théâtre de rivalités locales, de tensions communautaires et d’enjeux géopolitiques qui alimentent un conflit durable. Aucune réaction officielle n’a été enregistrée à ce jour concernant les affirmations des groupes armés.