Des mercenaires russes de l’Africa Corps assiégés dans le camp d’Anéfis, les combats se poursuivent
Un convoi militaire envoyé pour appuyer les combattants retranchés est tombé dans une embuscade rebelle et a dû rebrousser chemin.

Alors que la coalition d’indépendantistes touareg et de jihadistes mène depuis deux jours une grande offensive coordonnée à travers le Mali, des paramilitaires russes et quelques militaires maliens sont retranchés lundi 6 juillet dans le camp d’Anéfis dans le nord du pays, où les combats se poursuivent.
Les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affiliés à Al-Qaïda, et les indépendantistes du FLA (Front de Libération de l’Azawad) ont mené samedi matin de nouvelles attaques du nord au sud du pays, un peu plus de deux mois après une vaste offensive lors de laquelle ils avaient pris la ville stratégique de Kidal (nord-est) et tué le ministre de la Défense.
Le FLA revendique depuis samedi matin le contrôle de la ville d’Anéfis (nord), cruciale pour sécuriser sa mainmise sur Kidal, située à une centaine de kilomètres. Toutefois, des paramilitaires russes de l’Africa Corps et quelques militaires maliens sont toujours retranchés à l’intérieur d’un camp et les combats se poursuivaient lundi matin, selon l’armée.
Des renforts du FLA sont arrivés à Anéfis tôt lundi matin à bord de plusieurs dizaines de véhicules armés, a affirmé une source sécuritaire. Le renfort qui a quitté Gao pour soutenir les troupes russes et l’armée malienne est tombé dans une embuscade à quelques kilomètres d’Anéfis avant de rebrousser chemin, a expliqué une autre source sécuritaire.
Les renforts maliens repoussés par les rebelles
Entre cinq et huit véhicules militaires ont été détruits lors de l’embuscade, selon Wamaps, un collectif de journalistes ouest-africains spécialisés dans les questions sécuritaires au Sahel. Au moins un hélicoptère de l’armée a également été détruit, selon des sources locale et sécuritaire. D’après des habitants joints par l’AFP, le convoi est retourné à Gao dimanche soir.
Dimanche, l’Union africaine a condamné « avec la plus grande fermeté les attaques terroristes » et réaffirmé sa « pleine solidarité » avec les autorités, dans un communiqué.
Le Mali est en proie depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes affiliés aux organisations jihadistes Al-Qaïda et État islamique, ainsi que de groupes criminels communautaires et de mouvements touareg indépendantistes. Elle s’ajoute à une grave crise économique.
Depuis deux coups d’État successifs en 2020 et 2021, le vaste pays désertique est dirigé par des militaires arrivés au pouvoir sur la promesse de rétablir la sécurité et de conserver son intégrité territoriale.