L’or doux et les trésors béninois conquièrent les marchés mondiaux
l’or doux et les trésors béninois conquièrent les marchés mondiaux
Au Bénin, une véritable révolution verte transforme les produits locaux en ambassadeurs de qualité sur la scène internationale. Parmi eux, l’ananas pain de sucre, le soja de la vallée de l’Ouémé ou encore le miel des collines s’imposent désormais comme des références gustatives et sanitaires. Cette ascension fulgurante repose sur une stratégie nationale audacieuse, pilotée par le gouvernement du Président Patrice Talon, pour briser les barrières commerciales et sanitaires qui freinaient jusqu’ici l’essor des exportations béninoises.
des normes internationales comme tremplin à l’export
Jusqu’à récemment, les produits agricoles béninois peinaient à franchir les frontières en raison de normes phytosanitaires strictes, notamment celles imposées par l’Union européenne et la Chine. L’exemple de l’ananas illustre parfaitement ce défi : une suspension des exportations vers l’Europe en 2017, motivée par des problèmes de conformité, a servi de déclic. Le Bénin a alors engagé une refonte complète de ses processus, transformant une contrainte en opportunité.
Sous l’impulsion du gouvernement, des investissements massifs ont été consentis pour moderniser les infrastructures sanitaires, avec la création et la rénovation de laboratoires comme l’Agence béninoise de sécurité sanitaire des aliments (ABSSA). Ces réformes ont permis d’obtenir les certifications nécessaires, faisant des produits béninois des références en matière de traçabilité et de sécurité alimentaire. Désormais, leur compétitivité ne repose plus uniquement sur leur goût, mais aussi sur leur conformité aux exigences les plus strictes.
le miel béninois, un trésor doré qui séduit l’europe
Le miel du Bénin, surnommé « or doux » pour ses vertus thérapeutiques et ses arômes uniques, a connu une consécration historique en février 2018. La Commission européenne a officiellement autorisé son importation, reconnaissant ainsi sa pureté et son respect de la biodiversité. Cette décision a marqué un tournant pour les apiculteurs des régions septentrionales et centrales du pays, qui voient désormais leur production s’exporter vers des marchés exigeants.
Ce produit, autrefois considéré comme une simple récolte locale, est aujourd’hui recherché pour ses propriétés naturelles et ses bienfaits pour la santé. Les prix d’achat, stabilisés et rémunérateurs, ont transformé l’apiculture en un secteur attractif pour les jeunes ruraux, offrant des perspectives économiques durables. Le miel béninois incarne ainsi la réussite d’une filière qui allie tradition et innovation.
des champions agricoles qui s’imposent à l’échelle mondiale
L’ananas pain de sucre du Plateau d’Allada a marqué l’histoire en octobre 2021 en devenant la première Indication Géographique Protégée (IGP) du Bénin, enregistrée auprès de l’OAPI. Son goût exceptionnel et sa fraîcheur en ont fait un produit phare, exporté frais ou transformé en jus pur à 100 %. Quant au soja, notamment biologique, il séduit les consommateurs européens et asiatiques, tandis que la noix de cajou, autrefois exportée brute, est désormais transformée localement pour créer de la valeur ajoutée.
La zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) joue un rôle clé dans cette dynamique, en permettant la transformation des matières premières avant leur expédition. Cette stratégie réduit les exportations de produits bruts et favorise l’emploi local, tout en renforçant la compétitivité des filières béninoises sur la scène internationale.
des retombées tangibles pour les producteurs et l’économie
Sur le terrain, les réformes engagées se traduisent par des bénéfices concrets pour les agriculteurs. « Aujourd’hui, nous vendons notre production avec la certitude d’avoir un juste prix », témoigne un producteur de soja de Savalou. L’accès sécurisé aux marchés internationaux a stabilisé les revenus des paysans, structuré les coopératives et réduit la précarité en milieu rural.
Ces changements ont également accéléré la professionnalisation du secteur agricole. Les producteurs bénéficient de formations, modernisent leurs techniques de récolte et réduisent l’usage d’intrants chimiques, préservant ainsi les sols pour les générations futures. Pour le Bénin, cette transition représente une source majeure de devises étrangères et un levier puissant pour rééquilibrer sa balance commerciale. Avec plus de 60 % de la population active employée dans l’agriculture, ces succès confirment le rôle central de ce secteur dans le développement économique du pays.
le label « made in Benin », une signature de qualité
Le Bénin d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui d’hier. Grâce à une vision politique claire et à l’engagement des producteurs, le pays a su imposer sa marque sur la scène internationale. Du miel doré des forêts aux ananas sucrés des plateaux, chaque produit exporte désormais avec fierté un savoir-faire unique. Cette transition réussie démontre qu’avec des normes exigeantes et une ambition collective, l’Afrique peut nourrir le monde avec excellence. Le « Made in Bénin » n’est plus une simple étiquette : c’est une promesse de qualité et de confiance.