Les incidents violents survenus lors du récent match opposant le FC Nantes à Toulouse ont marqué un tournant dans la saison. Roland Menu, président du club de supporters « Allez Nantes Canaris », exprime son indignation face à ces actes qui n’ont aucun lien avec l’esprit sportif.
Les images du dernier match de Ligue 1 entre le FC Nantes et Toulouse resteront gravées dans les mémoires. Envahissement de terrain, jets d’objets, fumigènes noirs embrasés et comportements violents ont conduit à l’interruption définitive de la rencontre.
Roland Menu, supporter inconditionnel du FC Nantes depuis plus de six décennies, préside le club de supporters « Allez Nantes Canaris ». Il condamne sans réserve ces débordements qui risquent de peser lourdement sur le club.
Partagez-vous les termes employés par le coach Vahid Halilhodžić ainsi que par de nombreux supporters sur les réseaux sociaux, qualifiant les auteurs des incidents de « honte » et de « lâches » ?
Absolument. Ces mots résument parfaitement notre sentiment. C’est une véritable honte. Je suis profondément attristé par ce qui s’est produit hier soir. Même si nous sommes tous mécontents de la situation du FC Nantes, envahir le terrain est inacceptable. Nous ne cautionnons pas ces agissements, car nous connaissons les conséquences qui en découleront pour le club.
Vous vous attendiez à des manifestations de la part des ultras, mais pas à une telle escalade de violence ?
Des rumeurs circulaient concernant des protestations, mais nous pensions plutôt à des manifestations en fin de match. Personne ne s’attendait à une telle violence en cours de rencontre, encore moins avec une telle ampleur et une telle intensité.
La réaction du coach Halilhodžić, marqué par une profonde tristesse, reflète-t-elle ce que vous ressentez ?
Sans hésitation. Le coach souhaitait simplement que les supporters retournent dans les tribunes pour permettre la reprise du match. Sa réaction est compréhensible, voire normale. Il voulait que la rencontre se poursuive, d’autant plus que c’était son dernier match. C’est tout simplement incroyable.
Quelles seront les conséquences de cet envahissement de terrain ? La Ligue rendra sa décision le 27 mai. Craignez-vous des matchs à huis clos ?
Les matchs à huis clos sont la première crainte. Cela signifierait qu’en août prochain, nous pourrions être privés de deux ou trois matchs, sans pouvoir encourager notre équipe favorite. J’espère également qu’il n’y aura pas de retrait de points, car commencer la saison avec un handicap de points serait très difficile.
Cette situation rappelle celle de Saint-Étienne il y a quatre ans, après un envahissement similaire. Certaines voix politiques ont évoqué la dissolution de la brigade Loire, une demande déjà formulée par Bruno Retailleau alors ministre de l’Intérieur. Cette solution vous semble-t-elle appropriée ?
La Brigade Loire n’est pas, à nos yeux, un club de supporters, mais un groupe d’individus. Ils animent effectivement le stade, et c’est là leur seul mérite. En revanche, les actes commis hier par certains d’entre eux, notamment l’envahissement du terrain, ne sont en rien représentatifs du supporterisme. Pour nous, le supporterisme, c’est encourager l’équipe, dans les bons comme dans les mauvais moments.
Selon vous, ces individus ne sont donc pas des supporters ?
Non, absolument pas. Ce n’est pas cela, le supporterisme. Le supporterisme, c’est toujours encourager son équipe, dans la joie comme dans la peine.
En tant que supporter du FC Nantes depuis plus de 60 ans, comptez-vous continuer à encourager l’équipe en Ligue 2 la saison prochaine ?
Bien sûr. Ce qui compte pour nous, c’est le FC Nantes. Nous avons connu des hauts et des bas, des dirigeants plus ou moins compétents, mais notre attachement au club reste inchangé.