Nigeria: des centaines d’anciens captifs de Boko Haram libérés et remis aux autorités
L’armée nigériane a officiellement remis aux autorités locales, ce lundi, plus de 400 femmes et enfants qui avaient été enlevés en début d’année par le groupe jihadiste Boko Haram dans l’État de Borno, au nord-est du pays. Cette libération marque une étape importante dans la lutte contre l’insurrection qui sévit depuis 2009.
Depuis le début du conflit, les violences menées par Boko Haram puis par l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) ont causé des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes. Les enlèvements de masse, souvent suivis de demandes de rançon, sont une tactique récurrente des islamistes dans cette région.
Selon les informations recueillies sur le terrain, environ 360 personnes avaient été extraites des mains des jihadistes le week-end dernier, non pas à la suite d’une libération négociée, mais lors d’une opération militaire menée grâce à des renseignements. Par ailleurs, le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Umara Zulum, a précisé que quelque 82 autres otages avaient été secourues il y a deux à trois semaines, portant le total à environ 434 anciens captifs.
Les victimes avaient été enlevées dans le village de Ngoshe, situé à moins de dix kilomètres de la frontière camerounaise, dans les collines de Gwoza, une zone considérée comme un bastion de Boko Haram. Cette localité a déjà subi de nombreuses attaques des combattants islamistes.
Parmi les rescapées, Hassana Buba, 43 ans, a exprimé sa gratitude dans le camp de déplacés de Pulka, où les anciens captifs ont été pris en charge par les autorités. « Nous remercions Allah le tout-puissant pour ce sauvetage », a-t-elle déclaré. « Nous sommes très reconnaissantes et nous célébrons aussi cela. »
Les autorités nigérianes affirment ne pas verser de rançons pour obtenir la libération des otages. Toutefois, des analystes estiment que cette pratique est courante, tant de la part du gouvernement que des familles des victimes. Selon un rapport du cabinet de conseil SBM Intelligence, environ 1,66 million de dollars auraient été versés en rançons entre juillet 2024 et juin 2025 à divers groupes armés du Nigeria, incluant les jihadistes, les « bandits » et les séparatistes.