Ousmane sonko dénonce le gaspillage des fonds publics au Sénégal
Lors d’un Conseil interministériel organisé jeudi 21 mai au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko a livré un bilan accablant de la gestion des infrastructures et des actifs publics. À travers un audit détaillé, il a mis en lumière des pratiques préjudiciables attribuées à l’ancien régime, pointant du doigt des détournements massifs et une inefficacité criante dans la réalisation des projets stratégiques.
L’inventaire présenté par la Primature révèle que 245 projets et actifs publics sont aujourd’hui paralysés, sous-exploités ou totalement abandonnés. Le coût cumulé de ces dysfonctionnements dépasse allègrement les 5 000 milliards de FCFA, un montant équivalent au budget annuel de l’État. « Certains estiment même que ce chiffre équivaut à notre dette publique, mais il s’agit en réalité d’un gaspillage pur et simple », a dénoncé le chef du gouvernement, visiblement exaspéré.
Parmi les exemples les plus frappants figure le lycée de Sandiara, dont le chantier, lancé en 2014, reste désespérément inachevé après douze ans de travaux. « Douze ans pour construire un seul lycée ? C’est une hérésie administrative et financière », a-t-il tonné, soulignant l’ampleur de l’inefficacité qui gangrène le système.
Un système de justice sous le feu des critiques
Ousmane Sonko a également réservé ses foudres à la justice sénégalaise, qu’il accuse de protéger les responsables de l’ancien régime. Selon lui, les auteurs présumés de détournements de fonds publics bénéficient d’une impunité scandaleuse, tandis que les dossiers traînent en longueur. « Parfois, j’ai des doutes. Je me demande si cela vaut vraiment la peine de poursuivre cette lutte. Dans ce pays, on peut tout se permettre et rester protégé. Le système est toujours aussi corrompu », a-t-il déclaré, ajoutant que certains magistrats seraient même impliqués dans des sabotages judiciaires.
« Ces dossiers ne nous appartiennent pas, ils appartiennent au peuple sénégalais », a-t-il martelé, avant d’avertir : « Dans les semaines à venir, nous allons hausser le ton pour exiger des comptes. »
Cette intervention, où le ton de Sonko était particulièrement ferme, reflète une volonté de transparence et de redevabilité, deux piliers centraux de sa politique depuis son arrivée au pouvoir. Reste à savoir si les mesures annoncées permettront de briser l’opacité qui entoure la gestion des deniers publics.